L’Algérie a été élue vice-présidente de la Commission préparatoire de la Conférence des plénipotentiaires des Nations unies sur les crimes contre l’humanité. Cette élection par acclamation, intervenue fin janvier au siège de l’ONU à New York au titre du groupe africain, place le pays dans une position influente en vue des négociations cruciales prévues pour 2028-2029.
La mission de cette commission préparatoire est d’organiser les travaux de la future conférence diplomatique. Son objectif ultime est l’adoption d’une convention internationale spécifique dédiée à la prévention et à la répression des crimes contre l’humanité. L’Algérie, en tant que vice-présidente, participera donc directement à l’élaboration du cadre juridique et des documents de négociation qui serviront de base aux États membres.
Cette élection s’inscrit dans une dynamique diplomatique de longue date. Alger cherche constamment à renforcer son statut de leader au sein du Mouvement des non-alignés et du groupe africain sur les questions de justice internationale. Le pays fonde une partie de sa légitimité sur son histoire, évoquant régulièrement son passé colonial et sa lutte pour l’indépendance pour porter un discours axé sur la responsabilité historique des puissances et la réparation des préjudices.
Les perspectives dépendront des négociations à venir, qui s’annoncent complexes. La future convention cherchera probablement à combler des lacunes du droit international, notamment en codifiant les crimes contre l’humanité dans un traité autonome, distinct du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Les débats porteront inévitablement sur la définition des crimes, avec des États cherchant à y inclure des actes comme le colonialisme ou l’esclavage, ce qui pourrait susciter des résistances de la part de certaines puissances historiques.
Sur le plan symbolique, cette fonction offre à l’Algérie une tribune pour promouvoir ses priorités, qui incluent la criminalisation du colonialisme et la recherche d’une plus grande équité dans l’ordre judiciaire international. Toutefois, des observateurs notent que ce rôle diplomatique contraste parfois avec les critiques récurrentes d’organisations de défense des droits de l’Homme concernant la situation interne du pays. Cette dualité souligne la distinction fréquente entre le positionnement international d’un État et son bilan national.
Le succès du processus onusien reste conditionné à la capacité des États à trouver un consensus. La désignation de l’Algérie reflète la volonté du groupe africain d’être un acteur central dans ce débat, porteur d’exigences fortes en matière de justice transitionnelle et de mémoire historique. L’enjeu final sera de produire un instrument juridique contraignant et largement ratifié, et non une déclaration de principe sans effet concret.



