Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2026. Cet annonce, faite jeudi lors d’une cérémonie publique à Ignié, marque son intention de briguer un nouveau mandat à la tête d’un pays qu’il dirige quasi continûment depuis 1997.
Le chef de l’État, âgé de 82 ans, a déclaré devant ses partisans : “Je vous dis directement : je vais faire acte de candidature”. Il sera le candidat du Parti congolais du travail (PCT) et de la Majorité présidentielle, une large coalition de formations politiques qui soutient son pouvoir. Cette candidature était largement anticipée, l’annonce venant confirmer les projections des observateurs politiques locaux.
Ce nouveau passage devant les électeurs est rendu possible par la révision constitutionnelle de 2015. Ce référendum controversé a supprimé la limite d’âge pour être candidat, ainsi que la limitation du nombre de mandats présidentiels. Denis Sassou-Nguesso a ainsi pu se faire réélire en 2016 et en 2021, après un premier passage au pouvoir entre 1979 et 1992, puis une reconquête du pays à l’issue de la guerre civile de 1997.
La perspective de ce scrutin de 2026 s’annonce, à ce stade, comme une confirmation du statu quo politique. Le scrutin est prévu entre le 12 et le 15 mars 2026. Il se déroulera dans un contexte où l’opposition civile et politique apparaît profondément fragmentée et affaiblie, peinant à présenter une alternative unifiée et crédible face à la machine de la Majorité présidentielle.
Les défis économiques et sociaux constitueront pourtant la toile de fond incontournable de cette campagne. Malgré les richesses pétrolières du pays, une grande partie de la population congolaise continue de vivre dans la pauvreté. Les questions de gestion des ressources, de diversification de l’économie, de chômage des jeunes et de services publics défaillants seront au cœur des préoccupations des électeurs.
Au delà de la simple candidature, cette annonce relance les interrogations sur l’avenir politique du Congo-Brazzaville à plus long terme. L’absence de dauphin clairement désigné et l’emprise d’un système construit autour d’un homme soulèvent des questions sur la stabilité future du pays. La communauté internationale, notamment les partenaires économiques et les organisations régionales, surveillera ce processus électoral, souvent critiqué par le passé pour son manque de transparence.
L’enjeu de ce scrutin dépasse ainsi la simple réélection d’un président. Il s’agira d’observer la capacité du pouvoir à organiser un processus crédible, le degré de mobilisation d’une société civile souvent muselée, et la réaction d’une jeunesse en quête de perspectives dans un pays figé dans ses structures politiques depuis des décennies. La campagne officieuse est désormais lancée.



