La société minière Cora Gold, cotée sur le marché londonien AIM, a annoncé une levée de fonds conditionnelle de 15,7 millions de livres sterling pour financer le développement de son projet aurifère Sanankoro, situé dans la région de Yanfolila, au sud du Mali. L’opération, qui doit encore recevoir l’aval des actionnaires en mars 2026, marque une étape décisive vers la mise en production de ce gisement.
Cette levée de fonds repose sur un placement principal et une offre au détail destinée aux actionnaires existants, avec un objectif supplémentaire de 2 millions de livres. Elle s’accompagne de l’entrée au capital d’Eagle Eye Asset Holdings, un fonds d’investissement singapourien, désormais actionnaire stratégique de la société. Le prix de souscription des nouvelles actions a toutefois été fixé avec une décote, ce qui a immédiatement pénalisé le titre en Bourse. La finalisation de l’opération reste subordonnée à l’approbation des actionnaires réunis en assemblée générale extraordinaire et à l’admission des titres à la cote.
Le projet Sanankoro affiche des réserves probables estimées à plus de 531 000 onces d’or. Selon l’étude de faisabilité publiée par Cora Gold, le site présente des coûts d’exploitation compétitifs et une durée de vie initiale d’environ dix ans, avec des perspectives d’extension par de nouveaux forages d’exploration. Cette annonce intervient alors que le Mali cherche à maintenir son rang parmi les trois premiers producteurs d’or du continent, avec une production annuelle oscillant autour de 65 tonnes.
Si le feu vert des actionnaires est obtenu, Sanankoro pourrait entrer en phase de production dans un délai relativement court. Le projet s’inscrit dans un calendrier où plusieurs grandes mines historiques maliennes approchent de l’épuisement de leurs réserves, rendant stratégique la mise en service de nouveaux sites. La capacité de Cora Gold à tenir ses engagements opérationnels et à gérer ses relations avec les autorités de Bamako sera déterminante pour la suite.
Cette levée de fonds illustre également un réalignement des partenariats financiers dans le secteur minier ouest-africain. L’arrivée d’Eagle Eye Asset Holdings confirme l’intérêt persistant de capitaux asiatiques pour les actifs aurifères africains, malgré un contexte sécuritaire et réglementaire complexe au Sahel. Pour Cora Gold, ce soutien apporte une respiration financière bienvenue après plusieurs années de développement sans rentrée de cash industrielle. Reste à savoir si la société parviendra à transformer cet apport en une exploitation pérenne, dans un pays où la gouvernance minière fait l’objet d’une attention croissante de la part des nouvelles autorités.



