La République démocratique du Congo a officiellement accepté, ce 13 février 2026, le principe d’un cessez-le-feu dans sa partie orientale, répondant favorablement à l’initiative de médiation de l’Angola. Par un communiqué, le président Félix Tshisekedi a donné son aval à cette proposition, agissant selon ses termes « dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ». Cette décision unilatérale de Kinshasa marque une étape potentielle dans un processus de paix fragile.
Si la présidence congolaise a officialisé son adhésion au principe d’une trêve, elle est restée prudente sur la date butoir du 18 février à midi, bien que des sources proches des négociations aient confirmé cette échéance à RFI. Le communiqué précise néanmoins que cet arrêt des hostilités s’inscrit dans le cadre strict du Mécanisme de surveillance et de vérification signé à Doha en octobre 2025. Kinshasa insiste sur les conditions de son application : un gel immédiat des positions, la cessation de tout renforcement militaire et approvisionnement offensif, ainsi que l’arrêt de tout soutien extérieur aux groupes armés, une clause qui vise implicitement le Rwanda, régulièrement accusé de soutenir la rébellion du M23.
Cette acceptation intervient dans un climat de défiance profonde entre les belligérants. Le processus de paix, bien que formalisé par des accords successifs, a constamment été mis à mal par des reprises des hostilités. Le mécanisme de vérification, dont les termes de référence ont été finalisés début février et pour lequel la Monusco entame son déploiement, notamment au Sud-Kivu, peine à instaurer un climat de confiance. La réaction cinglante du ministre rwandais des Affaires étrangères, qui a immédiatement tweeté que ces accords seraient « peine perdue » sans une volonté politique réelle de Kinshasa, illustre la persistance des tensions et le fossé qui sépare les deux capitales.
Au-delà de la validation politique, la perspective d’une trêve effective se heurte à l’absence de réponse de l’AFC/M23, le principal groupe armé actif dans la région. Sans son engagement formel, la déclaration de Kinshasa risque de rester lettre morte. L’avenir immédiat du processus repose désormais sur la capacité des médiateurs angolais à obtenir un retour similaire de la part de la rébellion et à convaincre Kigali de ne pas entraver le processus. Le silence des rebelles, conjugué aux critiques acerbes du Rwanda, laisse présager des négociations complexes dans les heures à venir.
L’acceptation de Félix Tshisekedi place la balle dans le camp de ses adversaires, mais ne résout en rien les racines du conflit. La communauté internationale, souvent impuissante, observe avec prudence ces avancées diplomatiques, consciente que les précédentes tentatives de cessez-le-feu ont échoué faute de mécanismes de contrainte efficaces. Le respect de l’échéance du 18 février dépendra autant de la discipline des groupes armés que de la capacité de l’Angola, en tant que médiateur et président de l’Union africaine, à maintenir une pression constante sur toutes les parties pour éviter un énième écroulement du processus de paix.



