L’Algérie et le Niger ont officiellement scellé la fin de leur brouille diplomatique. Alger a annoncé, jeudi 19 février 2026, le retour immédiat de son ambassadeur à Niamey, une décision prise sur instruction directe du président algérien. Ce geste intervient quelques jours après que son homologue nigérien a lui-même regagné ses fonctions à Alger le 12 février.
Cette double reprise des activités des chefs de missions diplomatiques met un terme à près d’un an de tensions. Selon le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, cette mesure vise explicitement à « relancer la tradition de dialogue politique bilatéral au plus haut niveau ». Les deux capitales affichent ainsi leur volonté commune de dépasser les contentieux récents pour restaurer des canaux de communication directs, essentiels dans un contexte sahélien instable.
Le contentieux remonte au 6 avril 2025, lorsqu’une frappe de l’armée algérienne avait détruit un drone des Forces armées maliennes (FAMa) près de la frontière algérienne. Considérant cette action comme inamicale, le Niger et ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali et le Burkina Faso – avaient rappelé leurs ambassadeurs à Alger pour consultation. L’Algérie avait immédiatement riposté en rappelant son propre représentant à Niamey, gelant de facto les relations bilatérales.
Au-delà du simple retour des ambassadeurs, cette normalisation ouvre la voie à une reprise des dossiers stratégiques en suspens. Niamey et Alger partagent une longue frontière poreuse, théâtre de défis sécuritaires communs liés au terrorisme et à la criminalité transfrontalière. Le rétablissement du dialogue au plus haut niveau pourrait permettre de relancer les mécanismes de coordination sécuritaire, mais aussi de discuter des questions économiques et de la délicate gestion des flux migratoires.
Si la volonté politique semble affichée des deux côtés, les relations futures entre l’Algérie et le Niger s’inscrivent dans un équilibre régional complexe. Alger doit désormais composer avec les pays de l’AES, dont le Niger est un pilier, qui ont affiché une souveraineté affirmée et une distance croissante avec certains partenaires traditionnels. La reprise du dialogue bilatéral avec Niamey pourrait constituer un premier test pour le rétablissement de relations plus larges entre l’Algérie et les capitales de la région, sans que l’on sache encore si ces dernières adopteront une approche commune ou individuelle face à Alger.



