Le brasseur néerlandais Heineken a annoncé le 11 février la suppression de 5 000 à 6 000 emplois dans le monde d’ici deux ans. Cette décision s’inscrit dans un plan stratégique couvrant la période jusqu’en 2030, visant à renforcer les opérations du groupe et à dégager des marges pour investir dans la croissance, selon les explications de son directeur financier, Harold van den Broek.
Cette restructuration intervient alors que le géant d’Amsterdam a enregistré une baisse de 1,2 % de ses volumes de vente sur l’exercice 2025. Le recul de la demande sur des marchés clés comme les États-Unis et l’Europe est pointé du doigt, les consommateurs modérant leur consommation d’alcool pour des raisons sanitaires ou liées à la contraction de leur pouvoir d’achat. La direction justifie ce plan par la nécessité d’adapter l’outil de production à un environnement commercial moins porteur.
C’est la deuxième fois en cinq ans que le second brasseur mondial procède à un ajustement majeur de ses effectifs. Le 10 février 2021, presque jour pour jour, Heineken avait dévoilé un plan de restructuration supprimant environ 8 000 postes, avec un coût évalué à 420 millions d’euros. La pandémie de Covid-19 et la fermeture prolongée des bars et restaurants, particulièrement en Europe, avaient alors plongé le groupe dans le rouge, avec une perte nette de 204 millions d’euros cette année-là.
À l’horizon 2026, le groupe table sur une progression de son bénéfice opérationnel comprise entre 2 et 6 %, après une hausse de 4,4 % en 2025. Ces objectifs modestes reflètent les incertitudes pesant sur le marché mondial de la bière, jugé plus “dynamique” mais aussi plus volatil par la direction. L’entreprise devra parallèlement gérer une transition au sommet, avec le départ annoncé de son directeur général Dolf van den Brink en janvier, après six ans à la tête du groupe.
L’impact de ces suppressions de postes sur les filiales africaines reste à préciser. Si Harold van den Broek a indiqué que l’Europe ou les marchés “moins prioritaires” seraient les premiers concernés, l’Afrique, où Heineken détient environ 18 % de parts de marché derrière AB InBev et Castel, demeure une région stratégique pour la croissance à long terme. L’expérience du plan de 2021 suggère que les ajustements seront modulés selon la performance et les perspectives de chaque filiale, le continent conservant un rôle clé dans la stratégie d’expansion du groupe.



