Washington et Tel-Aviv plancheraient sur un scénario aussi risqué qu’inédit : l’envoi de forces spéciales en Iran pour s’emparer de 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %. L’information, révélée par un média américain, intervient alors que les frappes contre la République islamique n’ont pas encore débuté, mais que toutes les options militaires sont sérieusement examinées.
Une telle opération ne serait pas anodine. Elle supposerait une infiltration au cœur d’installations souterraines lourdement fortifiées, comme le complexe de Natanz, et une neutralisation préalable des capacités de défense iraniennes. Les forces impliquées n’interviendraient qu’une fois la menace militaire iranienne suffisamment réduite pour garantir la sécurité du commando, selon des sources proches du dossier citées par la presse américaine.
Ce projet s’inscrit dans un contexte de tension maximale autour du programme nucléaire iranien. Bien que Téhéran ait toujours nié chercher à se doter de l’arme atomique, son enrichissement à des taux proches du seuil militaire (60 %) alimente les inquiétudes des puissances occidentales et de leur allié israélien. Ces derniers considèrent ce seuil comme une ligne rouge, d’autant que les négociations sur la relance de l’accord de 2015 restent au point mort.
Pourtant, la réalité du danger immédiat fait débat. Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’ont, à ce jour, trouvé aucune preuve tangible d’un programme militaire actif en Iran. Des rapports du renseignement américain corroborent d’ailleurs ces conclusions, ce qui n’empêche pas Washington d’envisager des actions directes. Ce décalage entre les évaluations techniques et la posture militaire interroge sur les véritables motifs d’une éventuelle intervention.
Une saisie d’uranium sur le sol iranien marquerait une escalade majeure, tant sur le plan opérationnel que symbolique. Elle ne se limiterait pas à un raid aérien, mais engagerait des troupes au sol, au cœur d’un État doté d’un appareil sécuritaire complexe. Un tel acte pourrait être interprété comme un casus belli par Téhéran, avec un risque d’embrasement régional difficile à maîtriser, même si les promoteurs de l’opération parient sur un effondrement rapide des capacités de riposte iraniennes.



