Les chefs d’État de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone se sont engagés, lundi 16 mars à Conakry, à résoudre par le dialogue leurs différends frontaliers, alors que l’armée guinéenne venait de déployer des troupes le long de sa frontière avec le Liberia. À l’issue d’un sommet à huis clos, les trois dirigeants ont convenu d’un retour au statu quo et d’un renforcement de la coopération sécuritaire, marquant une volonté d’apaisement après plusieurs jours de tensions.
Selon le communiqué final lu par le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, les parties ont appelé à la « coexistence pacifique entre les communautés frontalières ». Concrètement, elles se sont engagées à intensifier les patrouilles conjointes et à mettre en place des mécanismes de communication rapide entre les autorités locales et les forces de sécurité. Dans la foulée, l’état-major guinéen a annoncé le retrait immédiat des renforts militaires récemment positionnés à la frontière libérienne.
Cette rencontre intervient dans un climat de méfiance croissante aux confins des trois États. Fin février, Monrovia et Conakry s’accusaient mutuellement d’incursions après des affrontements entre civils libériens et soldats guinéens, qui ont fait un blessé. Parallèlement, des incidents similaires opposaient la Guinée à la Sierra Leone, chaque pays dénonçant des pénétrations armées sur son sol. Ces accrochages ont ravivé la fragilité d’une région où le tracé des frontières, souvent mal matérialisé, reste un sujet sensible.
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— Présidence de la Guinée (@Presidence_gn) March 16, 2026
L’avenir de la gestion de ces zones litigieuses passera désormais par des commissions techniques conjointes, chargées d’examiner les questions de délimitation et de gestion des frontières. Les trois États ont également convenu de se réunir à nouveau sous un mois dans le cadre de l’Union du fleuve Mano. Cette organisation, qui inclut également la Côte d’Ivoire en tant qu’observateur lors de ce sommet, pourrait voir son volet sécuritaire renforcé pour prévenir de nouvelles escalades.
La Côte d’Ivoire, représentée par sa ministre des Affaires étrangères, Nialé Kaba, a assisté aux discussions en qualité de « pays témoin ». Sa présence illustre l’enjeu régional de ces différends, dans une zone où l’instabilité aux frontières peut rapidement menacer les équilibres économiques et sécuritaires. Fondée en 1973 pour promouvoir le libre-échange et la paix dans le bassin du fleuve Mano, l’Union cherche aujourd’hui à retrouver son rôle de médiateur naturel entre des États membres parfois tentés par des démonstrations de force unilatérales.



