Le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, a rompu le silence. Le 26 avril 2026, au lendemain d’une série d’attaques terroristes coordonnées ayant visé six localités dont Bamako, Gao et Kidal, il a appelé la nation à l’unité et à la vigilance. Selon lui, ces attaques « complexes, coordonnées et simultanées » visaient à instaurer un climat de violence généralisée. La situation est désormais « maîtrisée », affirme-t-il, saluant la réaction rapide des Forces armées.
L’offensive du 25 avril 2026 a frappé des points stratégiques : la capitale Bamako, la ville militaire de Kati, ainsi que Konna, Mopti, Gao et Kidal. Goïta a souligné que la chaîne de commandement a tenu, permettant de « donner un violent coup d’arrêt aux assaillants ». Des opérations de ratissage et de renseignement se poursuivent. Le président a également rendu un hommage appuyé au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, dont la disparition est présentée comme une « perte immense pour la Nation ». Aucun bilan officiel consolidé n’a toutefois été communiqué.
Le Mali vit sous régime militaire depuis août 2020. Le général Goïta, arrivé au pouvoir par un second putsch en mai 2021, a rompu l’alliance avec la France et s’est rapproché de la Russie. La Confédération des États du Sahel, unie au Burkina Faso et au Niger, a remplacé la défunte force Barkhane et la MINUSMA. Malgré ces repositionnements, les groupes armés jihadistes, affiliés à Al Qaïda et à l’État islamique, continuent de frapper. Les régions du centre et du nord échappent largement au contrôle de l’État.
Goïta a prévenu que ces attaques ne sont pas isolées, mais s’inscrivent dans un « vaste plan de déstabilisation » impliquant des soutiens internes et externes. Il a réaffirmé que la refondation du Mali, fondée sur la souveraineté « a un prix ». Les prochains jours seront décisifs : la capacité des Forces armées à sécuriser durablement les zones touchées et à prévenir de nouvelles actions coordonnées sera jugée sur le terrain. La coopération avec la Russie, mentionnée explicitement, sera scrutée.
Le président a mis en garde contre un risque souvent sous estimé au Sahel : la désinformation. « Elle peut devenir une arme au service des terroristes », a t il lancé, appelant les citoyens à transmettre toute information utile uniquement par les canaux officiels. Cet avertissement traduit une préoccupation réelle des autorités de transition : l’usage des réseaux sociaux pour amplifier la panique ou saper la cohésion nationale. En temps de crise sécuritaire, la bataille de l’information vaut celle des armes.
L’hommage au général Sadio Camara, ministre de la Défense, dépasse le registre habituel des condoléances. En le présentant comme un martyr de la souveraineté, Goïta ancre le récit officiel dans une logique de sacrifice fondateur. « Rien ne saurait inverser la marche du pays », a t il martelé. Ce discours vise autant à consolider l’unité interne qu’à envoyer un message aux adversaires : la transition ne pliera pas. Reste à savoir si la résilience proclamée suffira face à une asymétrie des forces qui, depuis dix ans, n’a cessé de s’aggraver.



