Au moins sept ressortissants mozambicains ont été tués en Afrique du Sud dans un contexte de violences xénophobes, a annoncé lundi le gouvernement de Maputo. Parmi eux, cinq ont péri directement lors d’attaques visant les étrangers. Les deux autres sont morts dans un accident de la route alors qu’ils tentaient de regagner le Mozambique pour échapper aux violences.
Un communiqué officiel du gouvernement mozambicain précise que les faits se sont déroulés dans un climat de tensions croissantes contre les migrants. Plus de 300 Mozambicains sont déjà rentrés volontairement au pays le 30 mai dernier. Environ 500 autres sont actuellement hébergés dans un lieu sécurisé de la province du Cap Occidental, en attente d’un rapatriement organisé par les autorités sud africaines et mozambicaines. Le passage par le poste frontière de Ressano Garcia est prévu, avec une assistance alimentaire à l’arrivée pour répondre aux besoins immédiats.
L’Afrique du Sud est régulièrement secouée par des vagues de violences xénophobes depuis plus de deux décennies. Ces épisodes sont généralement alimentés par les difficultés économiques chroniques, un chômage endémique, et une concurrence rude sur le marché du travail informel. Des discours politiques hostiles aux migrants, relayés par certaines organisations locales, avivent régulièrement les tensions. Le Mozambique, principal partenaire commercial de l’Afrique du Sud au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe, compte environ 300 000 de ses ressortissants vivant dans le pays voisin.
Plusieurs groupes opposés à l’immigration exigent désormais le départ de certains étrangers d’ici au 30 juin. Cette nouvelle donne fait craindre une aggravation rapide de la situation. Les autorités sud africaines, souvent accusées de passivité, pourraient être contraintes de renforcer les mesures sécuritaires dans les zones sensibles. Mais sans réponse structurelle aux causes profondes de la xénophobie, notamment la précarité et les inégalités, les départs forcés ou les exodes préventifs risquent de se multiplier.
Le gouvernement mozambicain évite pour l’instant toute déclaration belliqueuse, privilégiant la voie diplomatique et l’assistance consulaire. Une approche réaliste, tant la dépendance économique vis à vis de Pretoria est forte. Mais sur le terrain, le sentiment d’abandon est palpable parmi les familles des victimes. Beaucoup dénoncent un traitement inégal des étrangers par les forces de l’ordre sud africaines, et un climat d’impunité qui entoure régulièrement les auteurs de ces violences.
Ces drames successifs interrogent aussi la responsabilité des médias et des acteurs politiques locaux. En entretenant l’amalgame entre immigration et criminalité, certains discours légitiment la haine. À Maputo comme à Pretoria, les organisations de défense des droits humains appellent à une campagne régionale de sensibilisation. Mais sans pression citoyenne forte, rien n’indique que le cycle des violences s’interrompra. La Communauté de développement de l’Afrique australe, souvent discrète sur ce sujet, pourrait elle aussi être mise devant ses contradictions.



