Le roi Mohammed VI a nommé, jeudi, Mohamed Amine Benabdellah à la présidence de la Cour constitutionnelle du Maroc. Cette décision, annoncée à l’issue d’une réception au Palais royal de Rabat, s’accompagne de la désignation de deux nouveaux membres, conformément au renouvellement obligatoire du tiers de l’institution.
Outre Benabdellah, le souverain a choisi Saad Rhzioual Berrada comme second membre nommé directement par ses soins. Ces deux profils rejoignent les élus du Parlement : Ahmadou El Baz, choisi par la Chambre des représentants, et Abdelhafid Adminou, élu par la Chambre des conseillers. Tous ont prêté serment devant le roi, formalité qui scelle leur entrée en fonction.
La Cour constitutionnelle marocaine, créée par la Constitution de 2011, a succédé à l’ancien Conseil constitutionnel. Elle est chargée du contrôle de conformité des lois, de la régularité des scrutins et des référendums, ainsi que de plusieurs contentieux institutionnels. Ce renouvellement partiel, prévu par la loi organique, vise à garantir un roulement sans rupture dans une juridiction clé du système politique marocain.
Avec Benabdellah à sa tête, la Cour devra notamment se prononcer sur des dossiers sensibles à venir, comme d’éventuels recours électoraux ou des questions de constitutionnalité des lois répressives. Sa capacité à incarner une justice constitutionnelle indépendante sera scrutée, dans un contexte où l’exécutif conserve une mainmise forte sur les nominations.
Par ailleurs, le roi a aussi procédé à des nominations au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Mohamed Abdennabaoui a été reconduit pour un deuxième mandat à la tête de la Cour de cassation, tout en restant président délégué du CSPJ. Latifa El Harradji et Nadir El Moumni font leur entrée comme nouveaux membres.
Mohamed Zouak et Mohamed Ennasser voient leurs mandats renouvelés, tandis que Farid El Bacha a été désigné parmi les personnalités relevant de la prérogative royale. Ces mouvements, concentrés en une seule journée, montrent la volonté du palais de verrouiller les postes clés de la haute justice, en marge du renouvellement constitutionnel.



