L’Australie a officiellement rejoint les États‑Unis et le Royaume‑Uni en émettant une alerte sécuritaire à l’encontre de l’Afrique du Sud. Dans un avis aux voyageurs actualisé, le ministère australien des Affaires étrangères met en garde contre un risque élevé de criminalité violente, d’instabilité civile et de menaces liées à des mouvements anti‑immigration, ciblant particulièrement les touristes.
Canberra exhorte ses ressortissants à une « grande prudence » sur l’ensemble du territoire sud‑africain. Les autorités pointent des faits précis : vols à main armée, détournements de véhicules, attaques « smash‑and‑grab », fraudes aux distributeurs automatiques et usurpation d’identité par de faux policiers. L’avis mentionne aussi le meurtre, le viol, l’agression, et la soumission chimique. Les zones les plus exposées sont les centres‑villes, les townships et les trajets de nuit.
Cet avertissement s’inscrit dans une récurrence inquiétante. Les États‑Unis et le Royaume‑Uni maintiennent déjà des recommandations similaires, évoquant des risques d’enlèvement, de terrorisme et de troubles civils. Mais la nouveauté réside dans la montée des tensions liées à l’immigration illégale. Le groupe March and March prépare une fermeture nationale le 30 juin, exploitant la colère d’une partie de la population face au chômage, à la délinquance et aux difficultés économiques.
Les jours à venir sont critiques. Les autorités sud‑africaines redoutent des barrages routiers, des interruptions des transports et des dégradations de biens lors de cette journée de mobilisation. Plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Ghana, le Malawi et le Mozambique, proposent déjà une assistance au départ à leurs ressortissants. Le risque diplomatique est réel : après chaque vague xénophobe, Pretoria a vu ses relations se dégrader avec ses voisins.
Le président Cyril Ramaphosa a condamné les attaques anti‑migrants et rappelé que la lutte contre l’immigration irrégulière relève de l’État. Pourtant, son gouvernement est critiqué pour sa réponse jugée timide face aux marches et aux discours de haine. L’équation est délicate : comment canaliser les frustrations internes sans nourrir une violence xénophobe qui ternit l’image de la première puissance industrielle du continent, et sans décourager les investisseurs et touristes étrangers ?
L’Afrique du Sud reste une destination majeure pour les affaires et le tourisme en Afrique. Mais la multiplication des avis sécuritaires émanant de chancelleries occidentales et désormais australiennes envoie un signal délétère. À court terme, la fermeture nationale du 30 juin sera un test de gestion des foules, de protection des étrangers et de crédibilité politique. En cas de débordements, Pretoria paierait un lourd tribut, à la fois sur le plan diplomatique et économique.



