La République démocratique du Congo a vu son rêve de Mondial s’éteindre dans les dernières minutes, s’inclinant 2-1 face à l’Angleterre en 16es de finale, le 1er juillet à Atlanta. Menant au score pendant plus d’une heure, les Léopards ont été punis par un doublé tardif de leur bourreau habituel, Harry Kane (75e, 86e). Cette issue cruelle prive la RDC d’un exploit retentissant et offre aux Three Lions un huitième de finale contre le Mexique.
Les Congolais avaient pourtant parfaitement lancé leur rencontre, surprenant d’entrée un adversaire favori par une réalisation précoce de Brian Cipenga (7e). Profitant d’un ballon mal dégagé par la défense anglaise, l’attaquant a fusillé Pickford, plongeant les hommes de Thomas Tuchel dans une profonde perplexité. Ce but précoce a installé les Léopards dans un bloc défensif compact et solidaire, qui a résisté pendant plus de soixante-dix minutes face aux assauts répétés d’une attaque anglaise pourtant riche en talents, mais trop souvent brouillonne et frustrée.
Cette performance s’inscrit dans la continuité d’une génération dorée congolaise qui a retrouvé les sommets du football africain. Après des années de vaches maigres, les Léopards ont su se qualifier pour ce Mondial en s’appuyant sur une défense de fer et un collectif rompu aux joutes internationales. Face à une nation qui a inscrit son nom au palmarès en 1966, la RDC n’avait rien à perdre et a prouvé que l’écart avec les toutes meilleures nations se réduit, même si les cadres comme Kane ou Bellingham font, à eux seuls, la différence dans les moments cruciaux.
Pour la RDC, cette élimination au goût amer est aussi un formidable signal envoyé au continent. Le parcours des Léopards, qui ont poussé le champion d’Europe en titre dans ses derniers retranchements, renforce la crédibilité du football africain sur la scène mondiale. L’Angleterre, de son côté, devra corriger le tir rapidement si elle espère aller loin. Sa prestation poussive, marquée par un manque d’inspiration et une dépendance excessive à son buteur historique, est un avertissement avant son choc face à un Mexique coriace et expérimenté.
Le véritable homme du match côté congolais n’est autre que le gardien Lionel Mpasi, auteur d’une performance phénoménale. Ses arrêts réflexes sur les tentatives de Bellingham et sa sortie victorieuse face à Kane en première période ont longtemps maintenu l’espoir. Le portier a tutoyé l’état de grâce, multipliant les parades décisives qui ont dégoûté les attaquants anglais, avant que sa muraille ne finisse par céder sur un coup de tête imparable et une reprise de près du numéro 9 anglais.
Au-delà de la résistance héroïque, c’est la gestion du match qui a pénalisé les Léopards. Si la défense a été impériale et le coeur immense, le manque de tranchant dans les transitions offensives, à l’image du poteau de Wissa (42e), a empêché de faire le break définitif. Les signes de nervosité anglaise, illustrés par le carton jaune de Bellingham, auraient pu être exploités plus férocement. En fin de compte, l’expérience des grands rendez-vous a parlé, mais la RDC quitte ce Mondial la tête haute, avec la certitude d’avoir frôlé l’un des plus grands exploits de son histoire.



