Le parc national du Richtersveld, vaste étendue désertique de la province du Cap-Nord, vient de livrer un secret bien gardé. Une équipe de scientifiques a récemment mis au jour plusieurs espèces d’insectes jusqu’alors inconnues, démontrant que ce site classé à l’UNESCO recèle encore des mystères insoupçonnés. La découverte a été réalisée par deux entomologistes de renom, l’Italien Massimo Meregalli et le Tchèque Roman Borovec, qui ont publié leurs travaux sur des charançons aptères collectés dans des zones reculées.
Ces insectes, qui vivent dans le sol, se distinguent par leur discrétion. Petits, nocturnes et dépourvus d’ailes, ils évoluent dans un environnement aride et isolé, ce qui complique considérablement leur détection. Leur mise au jour a exigé un travail de terrain minutieux dans la vallée d’Armmanshoek, une zone jamais explorée auparavant pour ce type de recherches. Pour les scientifiques, ces espèces souterraines illustrent la complexité d’un écosystème que l’on croyait pourtant bien connu.
Le Richtersveld n’en est pas à son premier fait d’armes en matière de biodiversité. Déjà célèbre pour ses paysages spectaculaires et sa flore succulente endémique, il abrite également une faune variée composée d’antilopes, de babouins et même de léopards. Les Parcs Nationaux d’Afrique du Sud (SANParks) soulignent que cette nouvelle découverte renforce l’idée que le parc est un véritable foyer d’endémisme, où les espèces les plus petites jouent un rôle écologique tout aussi fondamental que les plus visibles.
Cette avancée scientifique ouvre des perspectives prometteuses pour la recherche entomologique en milieu désertique. Elle confirme que des zones arides, souvent perçues comme pauvres en vie, peuvent au contraire abriter une biodiversité insoupçonnée, à condition d’y consacrer des moyens et une patience adaptés. Les scientifiques espèrent désormais que ces travaux inciteront à mieux protéger ces habitats fragiles, menacés par le changement climatique et les pressions humaines.
La dimension patrimoniale du site ajoute une responsabilité supplémentaire. Inscrit depuis 2007 au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le nom de « Paysage culturel et botanique du Richtersveld », le parc est aussi le témoin d’une culture pastorale traditionnelle, celle du peuple Nama. La mise en lumière de ces nouvelles espèces d’insectes rappelle que la conservation ne peut se limiter aux seuls grands mammifères ou aux paysages : elle doit intégrer l’ensemble du vivant, y compris ses formes les plus discrètes.



