L’Union africaine (UA) a officiellement salué, ce mercredi, le vote « à une large majorité » de la Chambre des représentants américaine en faveur d’une prolongation de trois ans de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, y voit la preuve d’un « engagement constant » des États-Unis envers le continent.
Dans un communiqué, le chef de la diplomatie de l’UA a mis en avant le soutien bipartisan obtenu par le texte, la loi H.R. 6500. Il a qualifié l’AGOA de « pilier » des relations économiques transatlantiques depuis plus de deux décennies, soulignant son rôle dans l’industrialisation, la création d’emplois et le développement de chaînes de valeur régionales en Afrique. L’enjeu immédiat est désormais l’examen du projet de loi par le Sénat américain.
Instaurée en 2000 sous la présidence Clinton, l’AGOA est l’instrument commercial préférentiel phare des États-Unis en direction de l’Afrique subsaharienne. Elle permet à des milliers de produits d’exporter sans droits de douane vers le marché américain, à condition que les pays bénéficiaires respectent une série de critères, notamment en matière de gouvernance et de droits de l’homme. Son renouvellement, souvent sujet à débat, était cette fois attendu pour éviter une rupture préjudiciable.
La prolongation, si elle est entérinée par le Sénat puis signée par le président Biden, maintiendra le régime en vigueur jusqu’au 31 décembre 2028. Cette stadie offre une visibilité cruciale aux entreprises et aux gouvernements africains. Elle intervient dans un contexte de compétition commerciale et d’influence accrue sur le continent, où Washington cherche à contrer l’empreinte croissante de la Chine et de l’Union européenne.
Cette annonce concerne directement 32 pays africains actuellement éligibles, préservant des milliards de dollars d’exportations, notamment dans les secteurs du textile, de l’automobile ou des produits agricoles. Cependant, l’AGOA reste un instrument asymétrique, octroyé unilatéralement par Washington. Son impact est très inégal selon les pays, bénéficiant surtout à des économies déjà diversifiées comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou l’Éthiopie.
Des voix critiques rappellent que l’AGOA, bien que bénéfique, n’a pas transformé structurellement les économies africaines comme espéré initialement. La faiblesse de la transformation locale des matières premières et la dépendance aux importations américaines limitent son effet d’entraînement. Pour de nombreux analystes, l’avenir des relations commerciales passe désormais par des accords de partenariat économique plus équilibrés et moins soumis aux aléas politiques du Congrès américain.
Le communiqué de l’UA, tout en se félicitant de cette avancée, appelle implicitement à une évolution du cadre. L’institution panafricaine plaide depuis des années pour un partenariat mûr, allant au-delà du simple accès au marché, vers plus de co-investissements et d’intégration des chaînes de valeur. Le renouvellement de l’AGOA est perçu comme un nécessaire « filet de sécurité » en attendant la matérialisation de cette nouvelle génération d’accords.



