Dix-huit jours après le début officiel de la guerre au Moyen-Orient, l’armée israélienne a mené dans la nuit de lundi à mardi des frappes en Iran qui ont coûté la vie à deux hauts responsables de la République islamique. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé « l’élimination » d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj. En réaction, les autorités iraniennes ont confirmé la mort de leurs dirigeants et promis de les « venger », faisant craindre une escalade militaire d’une ampleur inédite.
L’annonce israélienne, faite par message vidéo, a mis fin aux spéculations des médias israéliens qui évoquaient depuis la veille une tentative d’élimination ciblée. La radio publique Kan avait fait état de frappes visant des figures majeures du régime, dont les résultats étaient alors « en cours d’examen ». Si Israël n’a pas détaillé les circonstances de l’opération, celle-ci s’inscrit dans une stratégie désormais assumée de décapitation des appareils sécuritaire et idéologique iraniens. L’armée israélienne se dit d’ailleurs « déterminée » à poursuivre sa traque, évoquant désormais la neutralisation du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Cette nouvelle phase du conflit trouve son origine dans la mort, le 28 février, de l’ancien guide suprême Ali Khamenei. Depuis cette date, les frappes conjointes israélo-américaines se sont intensifiées, non seulement sur les capitales iranienne et libanaise, mais aussi contre les cadres stratégiques du régime. En éliminant Ali Larijani, Israël frappe un pilier de l’establishment sécuritaire et politique, connu pour son rôle clé dans les négociations sur le nucléaire et la coordination des milices alliées. Cette offensive vise clairement à affaiblir un régime que l’Occident et Israël considèrent comme déstabilisateur, en le privant de ses têtes pensantes et opérationnelles.
Dans l’immédiat, la promesse iranienne de vengeance laisse présager une riposte qui pourrait prendre des formes multiples : attaques de ses mandataires au Liban ou en Syrie, frappes de missiles balistiques depuis son sol, ou actions clandestines contre les intérêts israéliens à l’étranger. La situation est d’autant plus explosive que l’armée israélienne a clairement affiché son objectif de « traquer » Mojtaba Khamenei, ce qui placerait la cible au sommet de l’État. La communauté internationale retient son souffle, redoutant que ce cycle de représailles ne se transforme en guerre totale, entraînant toute la région dans un conflit aux conséquences imprévisibles.
Parallèlement à ces frappes, le conflit tend à redéfinir en profondeur l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. L’élimination du chef du Bassidj, Gholamréza Soleimani, prive en outre Téhéran du responsable de son appareil répressif central, chargé de maintenir l’ordre et de réprimer toute contestation interne. Cette double perte affaiblit considérablement la capacité de réaction immédiate de l’Iran, mais renforce sa détermination à prouver qu’il reste un acteur incontournable. Dans ce jeu d’escalade, chaque camp semble désormais parier sur la capacité de l’autre à céder le premier, sans qu’aucune issue diplomatique ne se dessine à l’horizon.



