Le président guinéen Mamadi Doumbouya a formé, lundi, un gouvernement resserré de vingt ministres. Cette équipe, annoncée quelques semaines seulement après son investiture du 17 janvier, est chargée de traduire en actes ses priorités affichées de gouvernance, de sécurité et de développement économique. La reconduction d’Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre en est la pierre angulaire.
La structure de l’exécutif allie stabilité et renouvellement stratégique. Plusieurs piliers de l’administration précédente conservent des portefeuilles clés, à l’image de Morissanda Kouyaté aux Affaires étrangères ou de Mariama Ciré Sylla aux Finances. Le nouveau cabinet introduit également des profils inédits dans des secteurs sensibles, comme le général Ahmed Mohamed Oury Diallo à la Sécurité. La nomination d’Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports, comme porte-parole du gouvernement, signale l’importance accordée à la communication.
Cette nomination intervient dans un contexte de normalisation politique après une transition militaire née du coup d’État de septembre 2021. L’élection de Mamadi Doumbouya avec un score écrasant en décembre 2025 et sa récente investiture, marquée par la présence de chefs d’État de la Cédéao, avaient symbolisé une volonté de retour à l’ordre constitutionnel et de réintégration dans le concert régional. La formation d’un gouvernement civil constitue une étape attendue dans ce processus.
Les perspectives immédiates pour ce gouvernement sont colossales. Il devra opérationnaliser des projets structurants comme « Simandou 2040 », ambitieux plan de transformation locale des richesses minières. La pression sociale reste forte sur les questions de coût de la vie, d’emploi des jeunes et de services publics. La gestion des équilibres politiques internes et le renforcement effectif des institutions, promis par le chef de l’État, constitueront des critères d’évaluation majeurs pour une population en attente d’améliorations tangibles.
L’architecture du gouvernement reflète une volonté de couvrir l’ensemble des défis nationaux. Les secteurs sociaux (Santé, Femme et Famille) et économiques (Mines, Infrastructures, Économie numérique) disposent de ministères dédiés. La recherche d’une certaine équilibre est perceptible, avec des nominations issues de différentes régions du pays. Le maintien d’un ministère spécifique aux Affaires religieuses souligne l’attention portée à ce pilier sociétal.
L’efficacité de cette équipe sera scrutée à l’aune de sa capacité à transformer les discours en réalisations. La concrétisation des promesses de développement inclusif et de bonne gouvernance, dans un pays riche en ressources mais confronté à une pauvreté persistante, sera le véritable test. La communauté internationale, notamment les partenaires économiques et les institutions financières, observera de près la cohérence et la rigueur de l’action gouvernementale dans les mois à venir.



