La Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc s’apprête à livrer un tableau de quarts de finale d’une densité historique. Pour la première fois depuis l’élargissement du tournoi à 24 équipes, les huit nations qualifiées – Mali, Sénégal, Égypte, Côte d’Ivoire, Cameroun, Maroc, Nigeria et Algérie – figurent toutes parmi les dix premières équipes du classement FIFA africain. Cette concentration exclusive de favoris potentiels est une première et promet une bataille d’une rare intensité pour le titre continental.
La particularité de ce dernier carré réside dans l’absence totale d’équipe « surprise ». Habituellement, une ou deux sélections moins huppées parviennent à bousculer la hiérarchie à ce stade de la compétition. Cette année, les rares candidats possibles à ce rôle, comme la RD Congo ou la Tunisie, ont été éliminés dès les huitièmes de finale par d’autres poids lourds. Ce phénomène aboutit à des confrontations directes entre les meilleures sélections du continent dès les quarts, faisant de chaque match une demi-finale anticipée.
Pour trouver un plateau d’une telle tenue, il faut remonter à la CAN 2017 au Gabon, disputée à seize équipes. Le tableau comprenait alors des nations majeures comme l’Égypte, le Cameroun, le Ghana et le Sénégal. Cependant, une analyse quantitative basée sur le classement FIFA révèle une nette supériorité de l’édition 2025. La somme des classements des huit qualifiés marocains s’élève à 289, contre 381 pour celle de 2017. Cet écart illustre une élévation générale du niveau des élites africaines, le Maroc actuel, onzième mondial, incarnant cette dynamique ascendante.
Les perspectives immédiates sont celles de confrontations d’une intensité tactique et physique maximale. Le risque existe de voir des équipes, conscientes de l’enjeu et se respectant mutuellement, privilégier la prudence, menant à des matchs fermés. À l’inverse, la nécessité de s’imposer parmi les meilleurs pourrait libérer un football de haut vol. Sur le plan sportif, le vainqueur de cette CAN 2025 sortira d’un parcours sans doute plus exigeant que jamais, consolidant ainsi sa légitimité de champion d’Afrique dans une ère de compétition accrue.
Cette configuration exceptionnelle sert parfaitement l’ambition affichée par le pays organisateur. Le Maroc, qui a « vendu la CAN du siècle », voit son pari renforcé par un scénario sportif idéal pour attirer l’attention mondiale. Un tel plateau garantit un intérêt médiatique et populaire soutenu jusqu’aux phases décisives, offrant une vitrine sans égale pour le football continental. Ce rendez-vous des géants constitue un test grandeur nature de la maturité et du spectacle offerts par le football africain de haut niveau.
Au-delà du tableau parfait, cette édition marque une étape dans l’évolution structurelle du football africain. La régularité des meilleures nations, leurs joueurs évoluant presque tous dans les grands championnats européens, et l’homogénéité de leur niveau rendent les compétitions de plus en plus imprévisibles. La CAN 2025, par ses quarts de finale, pourrait bien acter la fin de l’ère des « petites équipes » parvenant en profondeur dans le tournoi, au profit d’une domination consolidée d’un cartel restreint mais ultra-compétitif.



