Le Cameroun a privé le Maroc, pays hôte, d’une troisième finale consécutive de Coupe d’Afrique des nations féminine, en s’imposant aux tirs au but (0-0, 3-1) en demi-finale. Les Lionnes indomptables affronteront le Malawi, tombeur surprenant de l’Algérie (3-1), dimanche 16 août pour le titre. Une désillusion amère pour les Marocaines, qui espéraient effacer deux échecs en finale et qui ont vu leur rêve s’évanouir à deux minutes de la fin des prolongations, sur un penalty manqué.
La rencontre, âpre et fermée, n’a pas livré son verdict dans le temps réglementaire. Moins dominateur que lors de ses précédentes sorties, le Maroc a subi la vigueur défensive camerounaise sans parvenir à trouver la faille. La séance de tirs au but, exercice longtemps maudit pour le Cameroun, a tourné à l’avantage des visiteuses. Maéva Nyadjou a inscrit le tir décisif, mais l’artisane majeure de cette qualification est la gardienne Michaely Bihina. Elle a non seulement repoussé le penalty de Fatima Tagnaout en fin de prolongation, mais elle a également arrêté trois tentatives lors de la séance, plongeant le stade marocain dans le silence.
Cette performance intervient après un parcours chaotique pour le Cameroun, éliminé en quarts de finale en 2022 et absent de la phase finale en 2025. Les Lionnes indomptables, déjà finalistes en 2004, 2014 et 2016, retrouvent les sommets africains. En face, le Maroc, porté par l’élan de sa finale masculine perdue sept mois plus tôt, espérait offrir à son public un deuxième sacre consécutif après sa finale de 2022 et sa demi-finale de 2024. L’élimination rappelle la difficulté à concrétiser la domination sur la scène continentale, malgré une progression spectaculaire du football féminin marocain ces dernières années.
Dimanche, le Cameroun partira logiquement favori face au Malawi, qui dispute sa toute première phase finale de CAN et qui a créé l’exploit en écartant l’Algérie. Mais cette jeunesse et cette absence de pression pourraient faire des Malawites des adversaires redoutables. Pour le Maroc, l’heure est au bilan : après deux finales perdues, cette sortie en demi-finale à domicile constitue un recul. Le penalty manqué à la 118e minute restera comme un tournant, symptomatique d’une équipe qui a parfois manqué de sang-froid dans les moments cruciaux, malgré son potentiel offensif.
Le parcours des Camerounaises est d’autant plus remarquable qu’elles avaient déjà éliminé le tenant du titre, le Nigeria, en quarts de finale. Cette résilience, incarnée par Bihina, contraste avec leurs précédentes séances de tirs au but, perdues en 1998, 2008 et 2018. La gardienne, sobrement héroïque, a inversé une malédiction statistique qui collait à la peau de son équipe. Son arrêt sur le penalty de Tagnaout, à deux minutes du but victorieux, est un geste qui restera dans les annales de la compétition.
Les Marocaines, elles, devront digérer cette élimination précoce. Portées par un public acquis à leur cause, elles ont montré des signes de fébrilité inhabituels dans la construction du jeu. Le sélectionneur devra travailler la gestion émotionnelle de son groupe, car ce nouvel échec dans un match à couteaux tirés interroge la capacité des Lionnes de l’Atlas à franchir les derniers obstacles. À l’inverse, le Cameroun, porté par un collectif solidaire et une gardienne en état de grâce, aborde la finale avec la sérénité des équipes qui ont déjà vaincu leur pire démon.



