Ottawa accélère la transition vers la résidence permanente pour certains travailleurs déjà installés, tandis que Londres prévoit de porter le délai standard à dix ans. Les deux cadres restent toutefois soumis à des modalités précisées par les textes officiels.
Le dispositif principal, l’In-Canada Workers Initiative, vise jusqu’à 33 000 travailleurs déjà au Canada, titulaires d’un permis de travail et ayant présenté une demande de résidence permanente dans le cadre de programmes régionaux ou de projets pilotes professionnels, avec un objectif de traitement en 2026 et 2027. Une seconde initiative, distincte et également ponctuelle, concerne jusqu’à 115 000 personnes protégées et leurs personnes à charge au Canada. Une mesure supplémentaire est annoncée pour 2027, avec un espace additionnel pour des travailleurs déjà présents hors Québec et certaines populations humanitaires, sans que la page officielle ne chiffre l’ensemble des bénéficiaires sur ce point.
Le Royaume-Uni annonce bien un délai standard de dix ans pour la résidence permanente, avec des exceptions pour certains profils. Le gouvernement présente cette réforme sous le label « earned settlement » et propose de relever la période de qualification de cinq à dix ans, tout en prévoyant des réductions fondées sur la contribution économique ou sociale. Des parcours à cinq ans restent ouverts à certains hauts revenus et à des professions clés de la santé et de l’éducation, selon les annonces de la ministre de l’Intérieur. Toutefois, le cadre annoncé doit encore être traduit en règles détaillées avant son application. Il serait donc inexact de le présenter comme déjà applicable à l’ensemble des migrants concernés.
La comparaison entre les deux pays conserve sa pertinence : le Canada met l’accent sur la rétention de travailleurs déjà intégrés à son économie et sur la réduction de la part des résidents non permanents, tandis que le Royaume-Uni cherche à conditionner la résidence permanente à des critères de contribution et à allonger le délai standard. Le Canada combine des initiatives ponctuelles aux périmètres distincts, dont les volumes sont fixés séparément. Le Royaume-Uni, de son côté, n’applique pas encore un régime uniforme à dix ans : le cadre annoncé doit encore être traduit en règles détaillées avant son application.
Pour les ressortissants africains, l’enjeu principal réside moins dans les effets d’annonce que dans la lisibilité des critères. Au Canada, les voies accélérées ciblent des personnes ayant déjà déposé une demande dans des programmes existants et établi des attaches locales, notamment dans les petites communautés. Au Royaume-Uni, les exceptions sectorielles, notamment dans les soins, restent conditionnées à des seuils de revenus et à des dates d’entrée dans le dispositif.



