Le Sénégal multiplie les consultations diplomatiques en Afrique de l’Ouest pour faire valider la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la Cédéao. Après Freetown et Abidjan, le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a été reçu à Lomé par le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé. Une offensive discrète mais méthodique, à quelques mois de l’élection prévue par la Conférence des chefs d’État.
Porteur d’un message personnel du président Bassirou Diomaye Faye, Cheikh Niang a officiellement présenté le général Diop comme le candidat sénégalais pour diriger l’organe exécutif de l’organisation régionale. À Abidjan, il avait déjà rencontré le vice-président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, en présence du général lui même. À chaque étape, la diplomatie sénégalaise sollicite un soutien renouvelé pour un mandat 2026 2030, tout en remerciant les pays hôtes pour leur appui passé.
Cette campagne intervient alors que le Sénégal s’apprête à franchir une étape historique. En décembre 2025, lors du sommet d’Abuja, les chefs d’État de la Cédéao ont désigné Dakar pour prendre la tête de la Commission, une première depuis la création de l’organisation en 1975. Jamais encore le Sénégal n’avait occupé ce poste stratégique, véritable colonne vertébrale administrative et technique de l’institution ouest africaine.
Si la candidature du général Birame Diop est confirmée, le Sénégal pourrait voir son influence régionale considérablement renforcée. D’autant que Bassirou Diomaye Faye est pressenti pour accéder à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État. Un tel cumul, direction politique et direction de la Commission, placerait Dakar au cœur des arbitrages régionaux, dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et des remises en cause de l’ordre institutionnel ouest africain.
À Lomé, Cheikh Niang a salué l’excellence des relations historiques entre le Togo et le Sénégal, soulignant l’engagement constant de Faure Gnassingbé pour l’intégration régionale. Le choix de Lomé, après Freetown et Abidjan, n’a rien d’anodin. La Sierra Léone, présidente en exercice de la Cédéao, joue un rôle clé dans la transmission des dossiers. La Côte d’Ivoire, poids lourd de la zone, et le Togo, médiateur discret mais influent, constituent des soutiens indispensables pour verrouiller le consensus.
Le général Birame Diop, ancien chef d’état major général des armées sénégalaises, incarne un profil technique et sécuritaire, à l’heure où la Cédéao traverse une crise de crédibilité face aux putschistes de la région. Sa candidature est présentée par Dakar comme un levier pour relancer l’institution, affaiblie par les départs du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Reste à savoir si les autres capitales ouest africaines accepteront de confier à un général la tâche délicate de réinventer une organisation en quête de second souffle.



