Le Fonds vert pour le climat (FVC) s’est engagé à mobiliser au moins 100 millions de dollars en faveur du Tchad dans le cadre d’un nouveau partenariat pluriannuel. L’annonce a été formalisée le 11 février 2026 à N’Djaména, à l’issue d’une visite de trois jours de sa directrice exécutive, Mafalda Duarte. Ce montant, qui constitue un plancher, vise à soutenir les priorités nationales en matière d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques.
L’accord prévoit un alignement strict des financements sur le Plan national de développement, le programme Tchad Connexion 2030 et la Contribution déterminée au niveau national révisée. La déclaration conjointe signée avec le gouvernement tchadien insiste sur la nécessité d’accélérer le décaissement des fonds déjà approuvés et de soumettre de nouveaux programmes. L’accent est mis sur les communautés locales, les femmes, les jeunes et le secteur privé, cibles prioritaires des interventions futures. Le décaissement effectif des 100 millions reste toutefois soumis à l’aval du conseil d’administration du FVC.
Le Tchad figure parmi les pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques, avec une désertification galopante, la raréfaction des ressources en eau et des crises alimentaires récurrentes. Malgré cette exposition, le pays peinait jusqu’ici à capter des financements climatiques à la hauteur de ses besoins. Cette visite marque une inflexion : c’est la première fois qu’un responsable de ce niveau se rend à N’Djaména pour sceller un partenariat structurant. Elle traduit aussi une reconnaissance, par le FVC, des efforts tchadiens en matière de planification environnementale.
Au-delà de l’enveloppe annoncée, c’est la perspective d’un accès direct aux ressources du Fonds vert qui constitue l’avancée la plus stratégique. Le FVC a pris acte de la candidature du ministère des Finances à l’accréditation directe, et s’est engagé à renforcer ses capacités de gestion. À terme, cette accréditation permettrait au Tchad de concevoir, soumettre et exécuter lui-même des projets sans passer par des entités internationales intermédiaires, un gage d’autonomie et de réactivité.
La visite de Mafalda Duarte intervient dans un contexte de concurrence accrue entre États africains pour l’accès aux financements climatiques. Plusieurs pays du Sahel, à l’instar du Niger ou du Burkina Faso, peinent à maintenir leurs partenariats avec les bailleurs traditionnels en raison de l’instabilité sécuritaire et des ruptures diplomatiques. Le Tchad, malgré ses propres fragilités, capitalise ici sur une relative continuité institutionnelle et une diplomatie économique active. Reste à savoir si l’appareil administratif, souvent décrié pour sa lenteur, sera en mesure d’absorber ces fonds et de les transformer en réalisations tangibles sur le terrain.



