Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) traverse une période de turbulences internes, suite à une contestation en justice de la légitimité de Tidjane Thiam à la présidence du parti. Ce mercredi 2 avril, des avocats du PDCI se sont retrouvés devant le tribunal des référés d’Abidjan, suite à une assignation en justice lancée par une militante du parti, Valérie Yapo, qui remet en cause le statut de Thiam, élu avec une écrasante majorité lors du congrès de décembre 2023.
La contestation repose sur des arguments juridiques relatifs à la nationalité de Tidjane Thiam. Selon Valérie Yapo, l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne stipule qu’un citoyen ivoirien perd sa nationalité en cas d’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère. Or, Thiam a récemment renoncé à sa nationalité française pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Ses détracteurs considèrent que cette décision le rend inéligible, renforçant ainsi la légitimité de leur action en justice.
Cette affaire survient dans un contexte de fortes tensions politiques au sein du PDCI. Depuis l’élection de Thiam à la tête du parti, des voix dissidentes se sont élevées, mettant en doute son leadership. Certains membres du PDCI estiment que son passage à la présidence pourrait compromettre l’unité du parti, qui se trouve à un tournant crucial, avec l’élection présidentielle qui approche. Cette contestation en justice ne fait qu’aggraver les divisions internes.
Le PDCI se trouve désormais dans une situation délicate, avec des implications potentielles pour son avenir politique. L’affaire pourrait affecter non seulement l’image du parti mais aussi son positionnement sur la scène politique ivoirienne. Si la décision judiciaire va dans le sens des contestataires, cela pourrait remettre en cause la légitimité de Tidjane Thiam, avec des conséquences sur la préparation de l’investiture pour l’élection présidentielle. Le parti doit désormais naviguer dans un climat d’incertitude, tout en maintenant ses activités internes.
Face à cette situation, des députés du PDCI ont exprimé leur solidarité envers leur président, en manifestant pacifiquement devant le tribunal. Selon Simon Doho, leader du groupe parlementaire, il s’agit avant tout d’un combat pour la démocratie et la justice. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative d’empêcher Thiam d’accéder à la présidence de la République, soulignant que le PDCI est prêt à défendre ses choix politiques face à toute forme de manipulation.
Après une audience à huis clos, l’affaire a été renvoyée au 11 avril 2025, date à laquelle le tribunal rendra sa décision. En attendant, le PDCI maintient son cap politique, avec la tenue d’un bureau politique samedi à Yamoussoukro. Lors de cette rencontre, les membres du parti auront pour mission de fixer une date pour la convention d’investiture, un moment clé pour l’avenir du PDCI et la préparation de l’élection présidentielle de 2025.