La République démocratique du Congo a écrit une page mémorable de son histoire footballistique en s’imposant 3 à 1 face à l’Ouzbékistan, décrochant ainsi son billet pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Une victoire arrachée au prix d’une remontée spectaculaire, après avoir pourtant été menée au score dès l’entame du match. Ce succès permet aux Léopards de valider leur qualification pour le prochain tour, où les attend un adversaire de prestige : l’Angleterre.
Au coup d’envoi, la pression était à son comble. Les Congolais savaient que seule une victoire leur garantirait la poursuite du rêve mondial. Pourtant, tout a mal commencé. Dès la dixième minute, l’attaquant ouzbek Eldor Shomurodov, exploitant une sortie hasardeuse du gardien Lionel Mpasi, a lobé le portier congolais pour ouvrir le score. La première mi-temps a vu les Léopards courir après le ballon et la profondeur, multipliant les tentatives mais manquant de précision. Brian Cipenga, Yoane Wissa et Nathanaël Mbuku ont chacun buté sur la défense ou sur leurs propres imprécisions, tandis qu’un but de Mbuku était refusé pour une faute préalable. La pause a sonné avec une équipe congolaise frustrée mais pas abattue.
Le football congolais, porté par une génération talentueuse mais souvent irrégulière, n’avait encore jamais goûté au succès en phase finale d’une Coupe du monde. Cette qualification en seizièmes, si elle est confirmée sur le terrain, représente un tournant pour une nation qui peine à capitaliser sur son vivier de joueurs évoluant dans les grands championnats européens. Historiquement, les Léopards ont souvent déçu sur la scène continentale, et leur présence dans ce Mondial 2026 était déjà perçue comme une performance. Mais ce premier succès, face à un adversaire asiatique solide, change la donne et place la RDC sous un nouveau regard, celui d’une équipe capable de renverser les situations.
Désormais qualifiés pour les seizièmes, les hommes de l’entraîneur auront fort à faire face aux Three Lions. L’Angleterre, habituée des phases finales, partira logiquement favorite. Les cotes proposées par le marché des paris reflètent cet écart : une victoire anglaise est évaluée à 1,29, contre 12,00 pour une performance congolaise et 5,50 pour un match nul. Mais cette statistique froide ne dit rien de la dynamique positive insufflée par la remontée face à l’Ouzbékistan, ni de l’état d’esprit conquérant qui anime désormais les Léopards. Pour la RDC, ce match face à l’Angleterre est une opportunité unique de se mesurer à l’élite mondiale, sans pression excessive, avec tout à gagner et rien à perdre.
Le tournant du match est intervenu après la pause. Revenus avec une intensité accrue, les Congolais ont mis la défense ouzbèke sous tension. À la 68e minute, Yoane Wissa, déjà actif sur son aile, a obtenu un penalty qu’il a lui-même transformé en prenant le gardien à contre-pied. Ce but a libéré les esprits. L’entraîneur a alors opéré des changements audacieux, lançant notamment Fiston Mayele. À la 78e minute, ce dernier a surgi pour dévier un tir de Meschack Elia et offrir l’avantage à son équipe. Ce but, opportuniste mais mérité, a montré une équipe qui a su puiser dans ses ressources mentales.
Dans les arrêts de jeu, Yoane Wissa a scellé la victoire d’une frappe à ras de terre qui a surpris tout le monde, y compris ses propres coéquipiers. Ce doublé porte son total personnel à trois buts dans le tournoi. L’attaquant de Newcastle, déjà l’un des atouts majeurs de la sélection, confirme son statut de leader technique et mental. Cette victoire, au-delà du résultat, est un symbole. Elle donne un visage combatif à des Léopards souvent critiqués pour leur fragilité dans les moments décisifs. Le défi est désormais immense, mais la RDC, forte de ce premier succès historique, abordera son rendez-vous avec l’Angleterre avec la certitude d’avoir franchi un cap.



