Menée pendant plus d’une heure, l’Algérie a finalement renversé la Jordanie (2-1) pour le compte de la deuxième journée du groupe J, lundi 22 juin à Santa Clara. Ce succès, construit sur deux coups de pied arrêtés dans le dernier quart d’heure, efface la défaite inaugurale contre l’Argentine (3-0) et replace les Fennecs dans une position de force pour la suite du Mondial 2026. Samedi prochain à Kansas City, une victoire contre l’Autriche pourrait offrir à l’Algérie un billet pour les phases à élimination directe, une première depuis 2014 et l’épopée brésilienne.
Le scénario du match porte la marque de la résilience autant que des limites offensives de l’équipe. Après l’ouverture du score jordanienne par Nizar Al-Rashdan dès la 36e minute, les coéquipiers de Riyad Mahrez ont longtemps buté sur un bloc adverse compact et déterminé, malgré une possession de balle écrasante. C’est finalement sur des phases arrêtées que le sélectionneur Vladimir Petkovic a vu ses plans se concrétiser : Nadhir Benbouali, d’une tête puissante, puis Amine Gouiri, d’une reprise de volée, ont inversé le cours d’une rencontre qui fuyait les Algériens. Une efficacité maximale qui masque toutefois un jeu en mouvement encore perfectible, mais qui a le mérite de maintenir l’objectif intact.
Ce succès s’inscrit dans un contexte de groupe J particulièrement déséquilibré, où l’Argentine de Lionel Messi, vainqueur de l’Autriche (2-0), fait figure d’épouvantail avec six points et un billet déjà réservé pour les 16es de finale. Pour l’Algérie, cette Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est une nouvelle occasion de confirmer son statut de grande nation africaine, après des éliminations en phase de poules lors des éditions 2010 et 2022. La Jordanie, pour sa première participation au Mondial, paie pour l’instant son inexpérience, et sa double défaite l’élimine déjà de toute compétition, malgré une prestation honorable et un coaching audacieux de son technicien marocain Jamal Sellami.
Les perspectives pour les Fennecs sont désormais limpides : s’imposer face à l’Autriche, samedi, pour sécuriser la deuxième place du groupe et rejoindre le dernier carré des meilleurs troisièmes, selon le format élargi de la compétition. Avec trois points chacun mais une différence de buts défavorable, l’Algérie doit impérativement gérer la rencontre pour ne pas laisser la qualification se jouer au goal-average, un scénario dont Petkovic se serait bien passé. La rencontre face aux Autrichiens, auteurs d’un match solide contre l’Argentine, s’annonce comme un véritable test de maturité pour un groupe qui a montré des failles mentales et tactiques lors du premier match.
Au-delà du résultat, l’animation offensive algérienne reste un chantier ouvert. Malgré une domination stérile en première période, les Fennecs ont peiné à trouver des solutions face au bloc bas jordanien, et se sont reposés sur leur efficacité sur phases arrêtées pour faire la différence. La prestation de Benbouali et Gouiri, décisifs, contraste avec le manque d’impact de certaines cadres en première ligne. Les supporters, qui ont rempli les travées du Levi’s Stadium, attendent désormais une copie plus aboutie, à l’image des ambitions affichées depuis la CAN 2024.
Enfin, cette victoire a une valeur symbolique forte pour le sélectionneur bosnien, qui avait essuyé des critiques après le revers initial. En inversant la tendance, il a prouvé la capacité de réaction de son groupe, mais il sait que la qualification ne sera acquise que par un match plein contre l’Autriche. La Jordanie, de son côté, repart avec les honneurs et l’expérience d’un premier but en Coupe du monde, de quoi nourrir ses ambitions futures, même si la cruauté du haut niveau l’a privée de tout espoir de prolonger l’aventure.



