Le 18e Sommet des BRICS se tient les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, en Inde. Pour ce rendez-vous majeur, le Premier ministre indien Narendra Modi veut faire de cette rencontre une réussite et renforcer la voix du Sud Global. Placé sous le thème « Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », le sommet réunit désormais onze membres à part entière et dix membres associés depuis l’élargissement entamé en 2023.
La stratégie indienne repose sur un choix assumé : éviter les sujets géopolitiques qui divisent et privilégier la coopération économique. Le programme s’articule autour de quatre piliers, avec un accent mis sur la résilience des chaînes d’approvisionnement, l’innovation numérique, la gouvernance de l’intelligence artificielle, la coopération douanière et la transition énergétique. New Delhi écarte volontairement la question de la « dédollarisation », sujet sensible qui l’oppose à Moscou et Pékin.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte de recomposition des équilibres mondiaux. L’élargissement des BRICS, acté depuis 2023, a transformé un club de cinq économies émergentes en un ensemble hétérogène, porteur d’intérêts divergents. L’Inde, qui préside pour la dernière fois avant au moins une dizaine d’années, cherche à consolider un bloc dont la cohésion reste fragile. La défense du multilatéralisme et la réforme de l’Organisation mondiale du commerce figurent parmi les rares points d’accord partagés par l’ensemble des membres.
Les perspectives dépendront de la capacité de New Delhi à transformer les déclarations en actes. En amont du sommet, les ministres du Commerce des pays membres se sont réunis en août dernier et se sont engagés à défendre le système commercial multilatéral, à s’opposer à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et à promouvoir la réforme de l’OMC. Ils ont également décidé de faire progresser l’intégration économique dans le cadre élargi des BRICS, notamment sur les chaînes de valeur mondiales, les micros, petites et moyennes entreprises et le commerce transfrontalier des services numériques.
Le mois dernier, les ministres de l’Industrie ont adopté une déclaration commune et approuvé un document ainsi qu’un plan d’action du groupe de travail sur l’industrie photovoltaïque. Un cadre de coopération pour les PME et un plan d’action en faveur des start-ups ont également été validés. Ces avancées sectorielles témoignent d’une volonté de bâtir une coopération concrète, loin des postures idéologiques.
Reste à savoir si cette approche pragmatique suffira à masquer les lignes de fracture. Entre la position indienne, soucieuse de préserver ses liens avec l’Occident, et les ambitions de Moscou et Pékin, le sommet de New Delhi dira si le Sud Global peut parler d’une seule voix ou s’il reste un assemblage d’intérêts disparates.



