Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a haussé le ton face à l’administration Trump. Mercredi 4 mars, il a réitéré son opposition ferme à l’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, quitte à défier ouvertement Washington. Alors que la Maison Blanche brandit la menace de représailles économiques, Madrid assume une position singulière au sein de l’Union européenne : un « Non à la guerre » sans ambiguïté.
Dans une déclaration solennelle, le leader socialiste a justifié son refus par la défense du droit international et la nécessité d’éviter les catastrophes humanitaires. Il a dénoncé une initiative menée sans l’aval du Congrès américain et dont les objectifs, selon lui, restent flous. Cette prise de position intervient alors que plusieurs partenaires européens peinent à critiquer ouvertement la stratégie de Washington, créant un véritable coup de tonnerre diplomatique sur le Vieux Continent.
Pour justifier son intransigeance, Pedro Sanchez puise dans l’histoire récente. Il établit un parallèle explicite avec l’invasion de l’Irak en 2003, qu’il qualifie de « folie guerrière ». Selon lui, ce précédent a eu des conséquences désastreuses et inverses aux objectifs affichés : flambée des prix de l’énergie, essor du djihadisme et appauvrissement des populations. En rappelant cet échec cuisant, le Premier ministre espagnol tente de mobiliser une mémoire collective européenne pour contrer ce qu’il perçoit comme une nouvelle aventure militaire aux issues incertaines.
La posición del Gobierno de España se resume en cuatro palabras: NO a la guerra.
Os dejo íntegra mi intervención valorando los últimos acontecimientos internacionales. 👇 pic.twitter.com/Y1TZ81LdRP
— Pedro Sánchez (@sanchezcastejon) March 4, 2026
Le conflit diplomatique s’est cristallisé autour d’une épine sensible : l’utilisation des bases militaires de Rota et Moron. Héritées d’un accord signé en 1953 sous la dictature franquiste, ces installations stratégiques sont convoitées par le Pentagone. Donald Trump n’a pas mâché ses mots, traitant l’Espagne de « terrible » et de « très, très peu coopérative », allant jusqu’à menacer de rompre les relations commerciales bilatérales. Malgré ces pressions, Madrid a dû démentir « catégoriquement » toute intention de mettre ces infrastructures à disposition de l’effort de guerre américain.
Au-delà de la crise immédiate, cet affrontement révèle les fractures au sein de l’alliance transatlantique. La Commission européenne a pris la défense de Madrid, se disant prête à réagir pour protéger les intérêts de la quatrième économie de la zone euro. En revanche, le silence public du chancelier allemand Friedrich Merz, pourtant aux côtés de Donald Trump lors de ces échanges, a été mal perçu par les autorités espagnoles, illustrant la complexité des équilibres diplomatiques européens face à la stratégie de tension de Washington.



