La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé, le vendredi 5 juin, l’octroi d’un nouveau prêt de 500 millions d’euros, soit environ 576 millions de dollars, au Maroc pour financer la reconstruction des infrastructures détruites par le séisme de septembre 2023. Cette deuxième tranche porte à 1 milliard d’euros l’engagement total de l’institution européenne dans le programme post-catastrophe du royaume.
Ce financement cible prioritairement les zones les plus sinistrées de la province d’Al Haouz, au sud de Marrakech. Routes, écoles et établissements de santé seront non seulement reconstruits mais aussi modernisés selon des normes antisismiques renforcées et des critères d’efficacité énergétique plus stricts. Une subvention d’assistance technique accompagne le prêt pour consolider les capacités institutionnelles locales et garantir la qualité des infrastructures. La BEI insiste sur une mise en œuvre menée en étroite coordination avec les autorités marocaines et avec le soutien de l’Union européenne.
Le 8 septembre 2023, un séisme de magnitude 7 a frappé la région d’Al Haouz, faisant plus de 3 000 morts et près de 6 000 blessés. Les dégâts matériels ont été considérables : réseaux routiers, hôpitaux, écoles et environ 60 000 logements ont été partiellement ou totalement détruits. Dans la foulée, le cabinet royal a lancé un programme quinquennal de reconstruction d’un montant global d’environ 12,9 milliards de dollars (120 milliards de dirhams). Ce plan repose sur un partenariat avec plusieurs bailleurs internationaux, dont la BEI.
Avec cette nouvelle tranche, le Maroc dispose de moyens supplémentaires pour maintenir le rythme des chantiers de reconstruction, dans un calendrier contraint par l’urgence sociale et les besoins des populations déplacées. L’accent mis sur des infrastructures plus résistantes et énergétiquement efficaces préfigure une évolution des standards de construction dans les zones sismiques du royaume. Reste à savoir si les autres bailleurs suivront cet effort et si l’exécution locale permettra d’éviter les lenteurs administratives ou les dérives de coûts souvent observées dans ce type de programmes.
La BEI est un partenaire de longue date du Maroc. Depuis 1979, elle y a mobilisé plus de 11 milliards d’euros, principalement dans l’eau, l’assainissement, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation et le soutien au secteur privé. Ce séisme a toutefois représenté un choc d’une ampleur rare, exposant la vulnérabilité de certaines infrastructures pourtant récentes. Les autorités marocaines voient dans cette crise une occasion d’accélérer la modernisation des zones rurales longtemps sous‑équipées. Reste à mesurer, sur le terrain, la capacité d’absorption de ces fonds par les collectivités locales et la transparence des marchés publics attribués.



