Le président sénégalais a déclaré ouverts, samedi, les premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés sur le sol africain. Une première historique pour le continent, saluée par le CIO et portée par près de 200 nations.
Bassirou Diomaye Faye a officiellement proclamé l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, samedi, au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio. Devant la présidente du Comité international olympique (CIO), Kirsty Coventry, et le président du Comité d’organisation (COJOJ), Mamadou Diagna Ndiaye, le chef de l’État sénégalais a lancé : « Je déclare ouverts les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. » L’événement marque une première pour le continent africain, qui n’avait jamais accueilli de compétition olympique.
La cérémonie d’ouverture a mobilisé les codes des grandes messes olympiques : défilé des délégations nationales, prestations artistiques et tableaux célébrant les expressions culturelles du Sénégal et de l’Afrique. Près de 207 Comités nationaux olympiques participent à cette quatrième édition des JOJ d’été. La soirée a culminé avec l’allumage de la vasque olympique par les jeunes escrimeurs Abdou Rahmane et Marième Sy, au terme d’un relais de la flamme ayant traversé les 14 régions du pays. Pendant quinze jours, les compétitions se dérouleront sur plusieurs sites à Dakar, Diamniadio et Saly.
Cette ouverture s’inscrit dans une dynamique de reconnaissance progressive du continent africain sur la scène sportive mondiale. Longtemps cantonnée au rôle d’exportatrice de talents, l’Afrique n’avait jamais obtenu l’organisation de Jeux olympiques, ni seniors ni juniors. Le choix de Dakar, validé par le CIO en 2018, constituait déjà un signal fort. Il intervient dans un contexte où le Sénégal, sous la présidence de Diomaye Faye depuis 2024, cherche à consolider son positionnement international et à capitaliser sur le sport comme levier de développement et de rayonnement.
L’enjeu dépasse désormais la seule réussite organisationnelle. Pour le CIO, ces JOJ constituent un test grandeur nature : la capacité de l’Afrique à accueillir des événements olympiques majeurs conditionnera les futures attributions. Pour Dakar, l’après-Jeux posera la question de l’héritage : infrastructures sportives, formation des jeunes, retombées économiques et touristiques. Enfin, la réussite de cette édition pourrait ouvrir la voie à d’autres candidatures africaines pour des compétitions de rang mondial, voire pour les Jeux olympiques d’été.
Mamadou Diagna Ndiaye a adressé un message aux jeunes athlètes, âgés de 14 à 17 ans : « Pendant 15 jours, oubliez ce monde. Ici, votre adversaire n’est pas un ennemi, il est celui qui vous fait devenir meilleur. » Un rappel de l’esprit olympique qui transcende la seule performance sportive. La présence de Kirsty Coventry, première femme africaine à présider le CIO, ajoute une portée symbolique à l’événement. Pour le continent, ces Jeux représentent moins une consécration qu’un point de départ : celui d’une Afrique qui entend désormais écrire sa propre histoire olympique.



