Le gouvernement béninois a officialisé, le 18 mars 2026, le lancement de SIRAT Pay, une application mobile destinée à bouleverser le quotidien des usagers des grands axes routiers. Cette plateforme de paiement dématérialisé vise à remplacer, à terme, les transactions en espèces aux postes de péage et de pesage du pays.
Portée par la Société béninoise des infrastructures et des transports (SIRAT), l’application promet de réduire considérablement les embouteillages aux barrières. En permettant aux particuliers comme aux transporteurs de s’acquitter des droits de passage à distance, elle entend fluidifier un trafic souvent ralenti par la manutention physique des espèces. Au-delà du confort pour le conducteur, l’outil garantit une traçabilité totale des transactions, un argument de poids pour le ministère de l’Économie et des Finances qui cherche à optimiser la collecte des recettes routières.
Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne du Programme d’action du gouvernement (PAG), cheval de bataille du président Patrice Talon depuis 2016. Après la modernisation de l’état civil, des douanes ou du cadastre, le secteur des transports est l’un des derniers bastions à tomber dans le giron du numérique. L’objectif affiché est double : améliorer le climat des affaires en facilitant la mobilité, et assécher les canaux de corruption qui prospèrent souvent à la faveur des paiements en liquide.
Pour Wilfrid Bocco, directeur de l’exploitation et de la maintenance des postes de péage, le pari est aussi sanitaire et sécuritaire. Moins de contacts physiques entre agents et usagers, mais aussi une transparence accrue sur les flux financiers. Les autorités encouragent d’ailleurs l’adoption d’une carte dédiée, présentée comme le complément idéal à l’application pour garantir des transactions rapides et inviolables. La mesure du succès se fera sur le terrain : les premiers mois d’exploitation diront si l’adhésion des usagers est au rendez-vous.
L’enjeu dépasse la simple fluidité du trafic. En digitalisant les péages, Cotonou cherche à sécuriser une manne financière essentielle au financement de ses infrastructures. Reste à voir comment les conducteurs, notamment ceux des zones rurales moins familiers des outils numériques, s’approprieront cet outil. La transition devra être accompagnée pour éviter de créer une nouvelle fracture entre usagers de la route.



