Le Fonds monétaire international (FMI) a désigné le Mauritanien Zeine Zeidane comme prochain directeur de son département Afrique. Il remplacera l’Éthiopien Abebe Aemro Selassie, qui partira à la retraite le 1er mai 2026. Une décision officialisée ce vendredi par la directrice générale, Kristalina Georgieva.
Actuellement directeur adjoint du département Moyen Orient et Asie centrale, Zeine Zeidane supervise les relations du FMI avec les grandes économies du Golfe. Il connaît pourtant bien le département Afrique pour y avoir déjà occupé un poste similaire. Pendant la pandémie de Covid 19, il a joué un rôle clé dans la réforme des politiques de prêts concessionnels et du mécanisme de confinement et de secours en cas de catastrophe. Georgieva salue sa « connaissance institutionnelle approfondie », son « jugement solide » et son expérience en matière d’élaboration des politiques.
Avant son arrivée au FMI en 2012, Zeine Zeidane a occupé les plus hautes fonctions économiques en Mauritanie. Il a été Premier ministre, gouverneur de la Banque centrale et conseiller économique du président. Cette trajectoire nationale puis internationale est rare sur le continent. Elle lui confère une légitimité technique et politique que ses prédécesseurs ne possédaient pas toujours à ce degré. Le département Afrique du FMI gère les relations avec l’Afrique subsaharienne, une région confrontée à l’endettement, aux chocs climatiques et aux pressions inflationnistes.
La nomination de Zeine Zeidane intervient à un moment critique. Les pays africains négocient des programmes de réforme exigeants avec le FMI, souvent perçus comme imposés de l’extérieur. Le nouveau directeur devra concilier la rigueur macroéconomique prônée par son institution et les besoins urgents de développement et de stabilité sociale. Son expérience personnelle de terrain, y compris comme ancien chef de gouvernement, pourrait modifier la tonalité des discussions. Reste à savoir si cela se traduira par une plus grande flexibilité dans les conditionnalités.
Zeine Zeidane est titulaire d’un doctorat en mathématiques appliquées et d’un diplôme de troisième cycle en macroéconomie de l’Université de Nice. Ce profil de technicien pointu, allié à une pratique directe des crises économiques en Mauritanie, en fait un acteur atypique dans les cercles souvent très anglo saxons du FMI. Sa nomination est aussi un signal politique fort pour l’Afrique francophone, historiquement sous représentée aux postes stratégiques des institutions de Bretton Woods. Reste à voir si cette promotion annonce une évolution plus large dans la gouvernance interne du Fonds.



