L’Égypte a renouvelé son soutien au principe d’« une seule Chine » et son opposition à toute ingérence dans les affaires intérieures chinoises. Cette position figure dans une déclaration conjointe publiée à l’issue d’échanges entre le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et son homologue chinois Xi Jinping. Au-delà de la question de Taïwan, les deux dirigeants ont affiché leur volonté d’approfondir un partenariat qui couvre désormais les enjeux politiques, sécuritaires et économiques, mais aussi plusieurs crises régionales.
Dans leur déclaration, les deux pays se sont engagés à se soutenir sur les dossiers qu’ils considèrent comme relevant de leurs intérêts fondamentaux. Pékin a notamment reconnu l’importance vitale du Nil pour l’Égypte, un sujet particulièrement sensible pour Le Caire dans un contexte de tensions persistantes autour du partage des eaux du fleuve. En retour, l’Égypte a réaffirmé son adhésion à la position chinoise selon laquelle Taïwan fait partie de la Chine. Le Caire et Pékin souhaitent également accélérer les consultations en vue de la conclusion d’un accord d’extradition et renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme.
Le rapprochement sino-égyptien s’inscrit dans une relation stratégique développée depuis plusieurs années et dans la volonté des deux capitales de renforcer la coopération entre pays du Sud. Les présidents Al-Sissi et Xi ont ainsi plaidé pour une meilleure représentation des pays en développement dans les institutions internationales et financières. Ils ont également réaffirmé leur attachement à la Charte des Nations unies et au droit international, tout en appelant à une réforme de la gouvernance mondiale.
Les crises du Moyen-Orient et d’Afrique occupent également une place importante dans la déclaration. Sur Gaza, Le Caire et Pékin rejettent tout projet de déplacement ou d’expulsion des Palestiniens de leurs terres. Ils appellent à consolider le cessez-le-feu, à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire et à favoriser le retour de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza. Concernant le Soudan, les deux pays insistent sur le respect de son unité, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, tout en soutenant la fin des combats et l’ouverture d’un processus politique inclusif conduit par les Soudanais.
Cette convergence diplomatique traduit aussi l’ambition de l’Égypte et de la Chine de peser davantage sur les équilibres internationaux. Les deux gouvernements présentent leur partenariat stratégique global comme un modèle de coopération reposant sur la non-ingérence, le respect mutuel et les bénéfices réciproques. Leur objectif est notamment d’intensifier leur coordination au sein des organisations multilatérales et de défendre plus étroitement les positions des pays en développement.
L’intégration de l’Égypte aux BRICS donne une dimension supplémentaire à cette relation. Le Caire a annoncé son soutien à la présidence chinoise du groupe en 2027, confirmant sa volonté de renforcer sa coordination avec Pékin sur les réformes de la gouvernance économique internationale. Derrière la réaffirmation du principe d’« une seule Chine », la déclaration témoigne ainsi d’un rapprochement plus large entre deux puissances qui cherchent à consolider leur influence respective dans un ordre international en recomposition.



