Les Seychelles accélèrent leur stratégie de séduction auprès des investisseurs internationaux. Le vice-président Sébastien Pillay a choisi le média émirati Gulf News pour lancer un appel clair : son archipel ne veut plus être perçu uniquement comme une destination touristique de luxe, mais comme une plateforme régionale d’investissement crédible et compétitive.
Dans un entretien mené mercredi à la State House, Sébastien Pillay a détaillé les secteurs ouverts aux capitaux étrangers : immobilier, économie numérique, énergies renouvelables, économie bleue, tourisme médical, infrastructures et éducation. Il a mis en avant les réformes en cours, notamment sur la facilitation des affaires, la législation contre la cybercriminalité et des projets de remblaiement stratégique pour étendre le foncier exploitable. Objectif assumé : attirer des investisseurs des Émirats arabes unis et plus largement du Golfe, tout en accélérant le retour sur investissement.
Classé pays à revenu élevé, l’archipel dépend structurellement des investissements directs étrangers. Son modèle économique, historiquement fondé sur le tourisme haut de gamme et la pêche, montre des signes de saturation. Face à une concurrence régionale accrue et à la nécessité de diversifier ses sources de croissance, Victoria cherche à capitaliser sur deux atouts majeurs : une stabilité politique rare dans l’océan Indien et une position géographique stratégique, perçue comme une porte d’entrée vers les marchés émergents d’Afrique de l’Est.
Le pari seychellois repose sur un équilibre délicat. D’un côté, le pays doit moderniser son cadre législatif et infrastructurel pour répondre aux exigences d’investisseurs de plus en plus regardants sur la sécurité juridique et numérique. De l’autre, il lui faudra éviter les écueils d’une artificialisation trop rapide de son territoire et d’une dépendance accrue aux capitaux extérieurs. Le discours officiel promet un cercle vertueux : plus d’investissements, plus de résilience énergétique et une base exportatrice élargie. Reste à savoir si la machine sera assez rapide pour convaincre avant que d’autres hubs émergents ne captent l’attention des fonds souverains du Golfe.
Le vice-président a insisté sur un point souvent éludé : le travail de marque. « Paradis touristique » ne suffit plus. Il s’agit désormais de projeter une image de sérieux économique, de prévisibilité et de sécurité des transactions. Ce repositionnement n’est pas anodin dans une région où plusieurs juridictions se disputent le statut de place financière offshore ou de hub logistique. En choisissant Dubaï comme caisse de résonance, les Seychelles admettent implicitement qu’elles ne peuvent plus compter sur leur seul cadre naturel pour attirer les capitaux. La stratégie est lisible. Reste à savoir si les réformes suivront le rythme des ambitions affichées.



