L’Égypte a signé, dimanche à Vancouver, la première victoire de son histoire en Coupe du monde en dominant la Nouvelle-Zélande (3-1), après avoir pourtant été menée durant une heure. Ce succès, conjugué au nul entre la Belgique et l’Iran plus tôt dans la journée à Los Angeles, propulse les septuples champions d’Afrique en tête du groupe G avec deux points d’avance sur leurs deux principaux concurrents. Une simple égalité face aux Iraniens vendredi à Seattle suffirait désormais aux coéquipiers de Mohamed Salah pour valider leur billet pour les seizièmes de finale, une étape jamais atteinte en quatre participations mondiales.
Menés depuis la 15e minute sur un coup de tête puissant du défenseur néo-zélandais Finn Surman, les Égyptiens ont longtemps paru apathiques et incapables de trouver la faille dans une défense adverse bien organisée. Mais la seconde période a vu une tout autre équipe entrer sur la pelouse de la BC Place. Mostafa Zico, d’une reprise de la tête, a d’abord rétabli l’égalité à la 58e minute avant de servir quelques instants plus tard Mohamed Salah, qui a inscrit son troisième but en phase finale d’un plat du pied délicieux à la mesure de son talent. En fin de match, Trezeguet a alourdi le score (82e), offrant à son équipe un succès mérité qui récompense une réaction collective enfin à la hauteur de l’enjeu.
Ce succès historique s’inscrit dans une quête de reconnaissance longue de près d’un siècle pour le football égyptien. Septuple champion d’Afrique, le pays des Pharaons n’avait jusqu’alors jamais réussi à franchir le cap du premier tour lors de ses trois participations précédentes, en 1990, 2018 et 2022. L’ombre de l’échec de 2018, où l’Égypte avait perdu ses trois matches en Russie malgré la présence de Salah, planait encore sur cette génération dorée. Mais cette fois, l’ambition affichée par le sélectionneur et la maturité d’un groupe rompu aux joutes continentales semblent avoir fait basculer une malédiction historique, dans un groupe où les Belges, pourtant favoris, peinent déjà à convaincre.
L’Égypte tient désormais son destin entre ses mains. Un match nul vendredi à Seattle contre l’Iran lui offrirait une qualification inédite pour les huitièmes de finale, mais gare à l’excès de confiance face à une formation iranienne solide et joueuse, comme en témoigne son nul arraché face aux Diables Rouges. Pour les Néo-Zélandais, l’espoir subsiste, mais il passe par un exploit contre une Belgique en plein doute, capable du meilleur comme du pire. L’enjeu psychologique est immense pour les Pharaons, qui devront gérer la pression d’un peuple entier rêvant enfin de voir son équipe sortir des poules.
L’ambiance à Vancouver a été décrite par Salah comme celle d’un match à domicile, preuve de la ferveur de la diaspora égyptienne massivement présente dans les gradins. « Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l’un des grands moments de l’histoire », a déclaré le capitaine, conscient d’avoir écrit une page majeure de son héritage. Cette communion entre le public et les joueurs contraste avec les prestations parfois crispées des favoris européens et illustre la montée en puissance des sélections africaines dans ce Mondial nord-américain, qui semblent de moins en moins impressionnées par le poids de l’histoire.
Au-delà du résultat, c’est la capacité de réaction mentale de l’équipe égyptienne qui interpelle. Longtemps stériles malgré la possession, les hommes de Rui Vitória ont su inverser la tendance sans paniquer, en exploitant les failles aériennes d’une défense néo-zélandaise pourtant solide en première période. La performance de Mostafa Zico, à la fois buteur et passeur décisif, témoigne de la profondeur d’un effectif qui ne repose plus uniquement sur son génie offensif. Cette résilience, associée à un réalisme chirurgical, pourrait bien faire la différence dans les matches couperets à venir. Les All Whites, eux, repartent avec des regrets mais conservent une chance théorique qu’ils devront saisir vendredi face à des Belges sous pression, sous peine d’une élimination prématurée qui achèverait de convaincre les observateurs que cette édition 2026 est décidément placée sous le signe des surprises.



