Le 1er avril, le gouvernement nigérien a annoncé la libération de 49 personnalités, parmi lesquelles d’anciens ministres, militaires et membres de partis politiques. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des instructions du colonel Abdourahamane Tiani, dirigeant actuel du pays, et fait suite aux recommandations des Assises nationales qui ont eu lieu fin février 2025. Cette décision marque un tournant dans la gestion de la crise politique en cours.
Parmi les personnes libérées, on retrouve des figures marquantes de l’ancien régime, dont Mahamane Sani Issoufou, ex-ministre du Pétrole et fils de l’ancien président Mahamadou Issoufou, Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense, ainsi qu’Ahmed Djidoud, ancien ministre des Finances. En outre, Foumakoye Gado, président du Parti Nigerien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS), l’ancien parti au pouvoir, fait également partie des personnes libérées. Cette série de libérations intervient dans un climat politique tendu après le renversement du président Mohamed Bazoum, en juillet 2023, par un coup d’État militaire.
Depuis le coup d’État qui a renversé Mohamed Bazoum en 2023, le Niger traverse une période de transition politique marquée par une instabilité croissante. Le régime militaire en place, dirigé par Abdourahamane Tiani, a engagé une série de réformes, y compris des Assises nationales en février, visant à définir l’avenir politique du pays. Les libérations récentes sont perçues comme une tentative de réconciliation et de consolidation du pouvoir, dans un contexte où les tensions internes restent palpables. Cependant, l’absence de Mohamed Bazoum, toujours en détention, souligne les divisions persistantes au sein de l’élite politique nigérienne.
Cette libération de figures de l’ancien régime pourrait marquer un début de processus de normalisation sous la houlette des autorités militaires. Toutefois, le maintien en détention de Mohamed Bazoum, symbole de l’ordre démocratique renversé, soulève des interrogations sur l’évolution de la transition politique. L’avenir politique du Niger dépendra largement de la manière dont les autorités militaires réussiront à concilier les intérêts des différentes factions du pays tout en répondant aux pressions nationales et internationales pour un retour à un ordre constitutionnel.
La population nigérienne reste partagée face à ces libérations. D’un côté, certains y voient un geste de bonne volonté de la part du gouvernement militaire, favorisant la réconciliation nationale. De l’autre, une partie de la population reste sceptique et craint que cette libération ne soit qu’un compromis politique visant à apaiser des tensions sans réellement apporter de changement fondamental. La pression internationale, notamment de la communauté ouest-africaine, continue de peser sur la junte militaire, qui pourrait être amenée à faire des concessions supplémentaires pour garantir la stabilité et répondre aux exigences de la diplomatie régionale.
Les autorités internationales, notamment l’Union africaine et la CEDEAO, ont exprimé des réserves sur la gestion du processus de transition au Niger. Bien que la libération des détenus puisse être perçue comme un pas vers une forme de dialogue, les observateurs restent vigilants sur les réelles intentions des militaires au pouvoir. Le Niger, en quête d’une stabilité durable, devra naviguer entre les pressions internes et externes pour éviter une crise prolongée, tout en veillant à l’intégrité de ses institutions.