L’armée nigériane annonce avoir libéré 360 otages retenus par la faction JAS de Boko Haram dans une enclave fortifiée des monts Mandara, dans le sud de l’État de Borno. L’opération, menée après plusieurs semaines de préparation minutieuse, repose sur un dispositif de renseignement massif et coordonné. Deux nourrissons sont morts d’épuisement avant l’arrivée des secours.
Le communiqué de l’Opération Hadin Kai précise que des unités des forces spéciales et des troupes du Secteur 1 ont encerclé la zone insurgée sur plusieurs axes. L’assaut a permis de neutraliser toute tentative de fuite ou de renfort adverse. L’armée affirme avoir obtenu un effet de surprise total. Plusieurs combattants se sont rendus ou ont fui vers les zones montagneuses alentour. Les otages, hommes, femmes et enfants enlevés dans différentes localités comme Ngoshe, ont été évacués vers des zones sûres où ils reçoivent des soins médicaux et une aide humanitaire.
Depuis plus d’une décennie, le nord est du Nigéria est ravagé par l’insurrection de Boko Haram et ses factions dissidentes. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes dans tout le bassin du lac Tchad. La faction JAS, historiquement fondée par Mohammed Yusuf puis dirigée par Abubakar Shekau avant sa mort en 2021, reste active dans les zones montagneuses difficiles d’accès, où elle maintient des enclaves retranchées. Ces reliefs accidentés servent à la fois de refuge et de base pour les enlèvements de masse.
Le haut commandement militaire nigérian voit dans cette opération la preuve d’une efficacité croissante de son appareil de renseignement et de la coordination entre ses différentes unités. Des opérations de ratissage sont en cours pour neutraliser les combattants encore présents dans la région et démanteler leurs réseaux de soutien. Reste à savoir si ce succès tactique annonce un tournant stratégique. Les enlèvements à grande échelle se poursuivent ailleurs dans le nord, et la capacité de l’armée à sécuriser durablement les zones reconquises reste un défi majeur.
L’armée souligne que cette mission a combiné renseignement humain, renseignement d’origine électromagnétique et surveillance par drones. Des sources infiltrées ont fourni des informations détaillées sur l’emplacement des captifs, les dispositifs de sécurité et les mouvements prévus des combattants. Parallèlement, des opérations psychologiques ont semé la confusion dans les rangs insurgés avant l’assaut. Ce niveau de coordination est encore rare dans une région où les fuites et la corruption ont souvent compromis les interventions antérieures.
Si l’armée met en avant le succès de l’opération, le décès de deux nourrissons rappelle la réalité brutale de la captivité. Les conditions dans les enclaves insurgées sont extrêmes : malnutrition, soins inexistants, épuisement dû au relief accidenté. Aucune information n’a été fournie sur l’état de santé des autres otages ni sur la durée précise de leur détention. L’absence de bilan médical détaillé interroge, alors que les besoins humanitaires dans le nord est du Nigéria restent massivement sous financés.



