La Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigeria a dévoilé ce jeudi le calendrier actualisé du prochain cycle électoral. L’élection présidentielle, initialement programmée pour le 20 février 2027, se tiendra finalement le 16 janvier 2027. Ce changement, plus qu’un simple ajustement technique, relance les spéculations sur les grandes manœuvres politiques à venir dans le géant d’Afrique de l’Ouest.
Ce scrutin, qui déterminera le successeur – ou le reconduira – à la tête de l’État fédéral, verra très probablement la participation de Bola Ahmed Tinubu. Porté au pouvoir par les urnes en 2023, l’actuel président nigérian briguera officiellement un second mandat. Si sa candidature ne fait guère de doute au sein du Congrès des progressistes (APC), le nouveau calendrier impose désormais une cadence soutenue aux partis, qui devront organiser leurs primaires entre le 23 avril et le 30 mai 2026.
Ce détail du calendrier est stratégique. En avançant la présidentielle de plus d’un mois, l’INEC semble vouloir sécuriser le processus électoral contre les aléas logistiques et sécuritaires qui ont entaché les scrutins précédents. Historiquement, les élections nigérianes sont souvent entachées de retards, de violences et de contentieux judiciaires interminables. En choisissant janvier, la commission espère également éviter la superposition avec les cycles budgétaires et les crises de liquidités qui surviennent souvent en fin de premier trimestre.
Les perspectives politiques s’annoncent tendues. Si l’APC semble soudée autour de la figure de Tinubu, les alliances se recomposent déjà dans l’opposition. Le principal défi pour le camp présidentiel sera de convaincre un électorat jeune et urbain, de plus en plus désillusionné par les réformes économiques douloureuses – notamment la suppression des subventions aux carburants – mises en œuvre par l’administration actuelle. La question de la sécurité dans le Nord-Ouest et des revendications séparatistes dans le Sud-Est restera également au cœur des débats.
Derrière les dates, c’est toute la mécanique politique nigériane qui s’ébranle. L’avancée du scrutin pourrait contraindre les partis d’opposition à accélérer la désignation de leurs candidats, réduisant ainsi le temps des tractations et des compromis habituels. Le choix des candidats lors des primaires de 2026 sera donc le premier véritable test de la popularité des ténors politiques, bien avant la campagne présidentielle officielle.



