La Cour constitutionnelle du Gabon a validé, vendredi 21 mars, les recours de quatre candidats à l’élection présidentielle du 12 avril, portant ainsi à huit le nombre de prétendants en lice. Parmi les candidats validés figurent Thierry Yvon Michel Ngoma, Axel Stophène Ibinga Ibinga, Alain Simplice Boungoueres et Zenaba Gninga Chaning. En revanche, la candidature de Jean-Rémy Yama a été rejetée, malgré ses tentatives de régulariser son dossier.
La décision de la Cour constitutionnelle concerne quatre candidats qui, bien que précédemment écartés par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections (CNOCER), ont vu leurs recours accepter. Thierry Yvon Michel Ngoma et Axel Stophène Ibinga Ibinga, déjà impliqués dans la présidentielle annulée de 2023, ont ainsi été réintégrés. Pour Alain Simplice Boungoueres et Zenaba Gninga Chaning, il s’agit de leur première participation à ce scrutin. Zenaba Gninga Chaning, cheffe d’entreprise de 36 ans, est par ailleurs la seule femme à figurer parmi les candidats.
Jean-Rémy Yama, ancien leader syndical et figure politique de l’opposition, a vu sa candidature rejetée en raison de documents manquants. Bien que son équipe ait fourni un acte de naissance de sa mère, qui atteste de ses origines gabonaises, la Cour constitutionnelle a jugé son dossier incomplet. Jean-Rémy Yama, qui a dénoncé une “injustice” et une “volonté manifeste d’écarter” sa candidature, a exprimé son amertume face à ce qu’il considère comme un traitement discriminatoire, soulignant que d’autres candidats avaient vu leurs pièces manquantes validées.
Ce rejet intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la transition militaire du général Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel chef de l’État par intérim. Depuis le renversement du président Ali Bongo en août 2023, les élections présidentielles prévues en avril 2024 sont cruciales pour l’avenir politique du pays. La candidature de Jean-Rémy Yama, souvent perçue comme un opposant farouche au régime de l’ancien président, avait été très attendue et suscitait des espoirs de renouvellement politique.
Le paysage électoral du Gabon se dessine donc avec une liste de huit candidats, bien que des tensions demeurent autour de la légitimité du processus. La compétition sera dominée par le général Oligui Nguema, leader de la transition, mais la réintégration de certains candidats, notamment ceux issus de l’opposition, pourrait offrir des alternatives intéressantes pour les électeurs gabonais. Cependant, les accusations de fraude et de manipulation continuent de jeter une ombre sur la transparence des élections à venir.
Les critiques, en particulier de la part de Jean-Rémy Yama, soulignent l’absence de transparence et de cohérence dans le traitement des candidatures. Yama, en déclarant « pourquoi ont-ils peur de moi ? », interpelle sur les valeurs démocratiques du pays, et remet en cause l’équité du processus électoral. Si son exclusion suscite des interrogations, le rejet de sa candidature pourrait également alimenter une contestation plus large contre la transition militaire, déjà source de mécontentement au sein de la population gabonaise.
L’élection présidentielle prévue pour le 12 avril sera donc déterminante non seulement pour le futur du Gabon, mais aussi pour la stabilité politique de la région. Le défi pour les autorités gabonaises sera de garantir un scrutin transparent et équitable, afin de restaurer la confiance de la population dans les institutions et d’éviter une nouvelle crise politique. Avec des personnalités de l’opposition et des figures de la transition en lice, cette élection pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire politique du Gabon.