Le 27 février, deux explosions ont secoué la place de l’Indépendance à Bukavu, en République Démocratique du Congo, au moment où Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’Alliance des Forces Congolaises pour la Défense du Peuple (AFC/M23), terminait un meeting. Le bilan provisoire fait état d’au moins 11 morts et 71 blessés, selon des sources hospitalières. La nature exacte des explosions demeure incertaine, mais plusieurs témoins évoquent des grenades. Cette attaque survient alors que Bukavu, située dans la province du Sud-Kivu, est sous contrôle de l’AFC/M23 depuis le 14 février.
La scène a été marquée par une grande panique. Après que Nangaa ait quitté la tribune, une première explosion a retenti près des haut-parleurs, à seulement quelques mètres de la scène. En l’espace de quelques minutes, une deuxième détonation a suivi, provoquant la chute de plusieurs corps. La foule s’est rapidement dispersée dans tous les sens, entre cris et bousculades, alors que des blessés étaient transportés d’urgence vers les hôpitaux. Des témoins ont décrit des scènes de chaos avec des civils utilisant leurs motos pour évacuer les victimes.
Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, est actuellement sous contrôle de l’AFC/M23, un groupe politico-militaire soutenu par le Rwanda. Ce mouvement a intensifié ses actions militaires dans la région depuis plusieurs mois, exacerbant les tensions entre la RDC et ses voisins, notamment le Rwanda. Les accusations réciproques entre Kinshasa et Kigali se sont multipliées, l’armée congolaise et l’AFC/M23 se rejetant mutuellement la responsabilité de l’attaque. Cette explosion survient dans un contexte de forte instabilité et de combats entre les forces congolaises et les groupes armés dans l’est du pays.
L’AFC/M23 a rapidement réagi en qualifiant l’incident de « attentat terroriste », accusant directement les autorités congolaises et les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) d’être responsables de l’attaque. Le mouvement affirme avoir capturé deux individus suspects et continue de mener une enquête pour appréhender d’autres responsables. En réponse, le président congolais Félix Tshisekedi a condamné l’explosion, la qualifiant d’acte « terroriste odieux ». Il a exprimé sa solidarité avec les victimes, tout en dénonçant la présence illégale d’une « armée étrangère » sur le sol congolais.
Après l’attaque, Bukavu reste sous haute tension. La ville, déjà déstabilisée par les combats incessants entre les forces congolaises et les groupes armés, fait face à un climat de peur croissant parmi ses habitants. Les autorités locales ont renforcé les mesures de sécurité, mais l’incertitude persiste concernant l’identité des responsables. Le climat de violence politique et militaire dans la région ne semble pas prêt à se dissiper, exacerbant les souffrances des populations locales.
Alors que les enquêtes se poursuivent, l’avenir immédiat de Bukavu et de la province du Sud-Kivu demeure incertain. La guerre entre les différents groupes armés et l’armée congolaise continue d’avoir des répercussions dramatiques sur la population civile. Les tensions politiques entre Kinshasa et Kigali, ainsi que les opérations de l’AFC/M23, risquent de maintenir cette zone sous pression. Les autorités congolaises devront redoubler d’efforts pour restaurer la sécurité, tandis que la communauté internationale pourrait être amenée à jouer un rôle clé dans la gestion de cette crise complexe.