Le lithium de Manono, situé en République Démocratique du Congo, fait l’objet d’une intense compétition entre plusieurs acteurs internationaux. La société américaine KoBold Metals, soutenue par les milliardaires Bill Gates et Jeff Bezos, souhaite prendre une part significative de ce projet minier, dans le cadre d’un litige juridique complexe qui oppose l’australien AVZ Minerals à la société publique congolaise Cominière, ainsi qu’au groupe chinois Zijin Mining. L’enjeu est de taille, car le lithium de Manono est considéré comme l’un des plus grands gisements inexploités de lithium au monde.
KoBold Metals, une entreprise innovante en exploration minière, a proposé un nouvel arrangement pour résoudre le conflit autour de Manono. Selon des sources concordantes, la société a envoyé, en janvier 2025, une lettre au président congolais Félix Tshisekedi, dans laquelle elle propose de développer la partie sud du gisement, tandis que Zijin Mining conserverait la partie nord. KoBold suggère également que l’État congolais détienne une participation directe dans le projet, via un actionnariat minoritaire. Cette approche vise à mettre à profit les technologies de pointe, notamment l’intelligence artificielle, pour améliorer l’exploration minière et maximiser les rendements.
Le projet lithium de Manono est au cœur d’un conflit juridique depuis 2023, après que le gouvernement congolais a décidé de retirer une partie des droits d’exploitation minière à AVZ, en faveur de Zijin Mining. Le tribunal arbitral de la Chambre de commerce internationale (CCI) a récemment condamné la société publique Cominière à verser 39,1 millions d’euros en raison de violations d’injonctions. Toutefois, aucune décision finale n’a été rendue concernant l’avenir du projet. Cette situation se déroule dans un contexte géopolitique complexe, où les États-Unis et la RDC discutent d’un accord sur les minéraux, notamment dans le cadre d’une coopération militaire pour lutter contre les groupes armés dans l’est du pays.
L’implication de KoBold Metals pourrait modifier considérablement l’équilibre des forces dans cette bataille pour le lithium. Si l’arrangement proposé se concrétise, la société américaine pourrait exploiter une partie stratégique du gisement, tout en offrant une compensation à AVZ pour abandonner ses prétentions. Cette dynamique pourrait également renforcer les liens entre les États-Unis et la RDC, en facilitant l’accès aux ressources minières cruciales pour la transition énergétique mondiale, notamment le lithium, essentiel à la fabrication des batteries pour les véhicules électriques.
Outre KoBold, AVZ et Zijin, d’autres acteurs chinois, comme Suzhou CATH Energy Technologies, sont impliqués dans ce dossier. En janvier 2025, AVZ a annoncé avoir sollicité un soutien financier de 20 millions USD pour continuer sa bataille juridique. Cette dynamique met en lumière la lutte acharnée pour l’accès aux ressources naturelles en Afrique, où les entreprises, souvent soutenues par des puissances géopolitiques, cherchent à sécuriser leur approvisionnement en matières premières essentielles à la transition énergétique.
Le lithium de Manono représente un enjeu majeur pour l’industrie mondiale, en particulier dans le contexte de la transition énergétique. KoBold Metals, en misant sur l’innovation technologique, veut utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’exploration et l’exploitation des minéraux, ce qui pourrait changer la donne en matière de durabilité et d’efficacité des ressources. Le président de KoBold, Kurt House, considère la RDC comme un lieu stratégique pour les métaux rares, estimant que le pays détient certains des gisements les plus prometteurs du monde, particulièrement dans un environnement global où la demande de lithium ne cesse de croître.