Le gouvernement tchadien a émis une ultime mise en garde, vendredi 16 janvier 2026, promettant une réponse “immédiate, vigoureuse et implacable” à toute nouvelle violation de son territoire par les belligérants du conflit soudanais. Cette déclaration fait suite à une attaque attribuée aux Forces de Soutien Rapide (FSR) qui a tué sept soldats tchadiens et fait plusieurs blessés dans l’est du pays. N’Djaména qualifie cet événement de violation “manifeste, grave et répétée” de sa souveraineté.
L’incident, survenu sur le sol tchadien, a été formellement imputé par les autorités à des éléments des FSR, la milice paramilitaire soudanaise engagée dans une guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023. Dans un communiqué officiel, le ministre de la Communication, Gassim Cherif Mahamat, a dénoncé une opération armée menée “illégalement”. Le gouvernement tchadien a solennellement mis en garde “pour la dernière fois” les auteurs de cette attaque et leurs commanditaires, avertissant que toute nouvelle provocation déclencherait une riposte conforme au droit national et international.
Cette escalade s’inscrit dans le cadre du conflit qui ravage le Soudan voisin, poussant des centaines de milliers de réfugiés à traverser la frontière de plus de 1 400 kilomètres et créant l’une des pires crises humanitaires au monde. Le Tchad, tout en accueillant ces déplacés, affiche une position de “stricte neutralité” entre l’armée soudanaise et les FSR du général Mohamed Hamdane Dagalo, dit “Hemedti”. Cependant, N’Djaména déplore des violations frontalières et aériennes répétées par les deux camps, menaçant sa stabilité intérieure.
La menace d’une riposte militaire tchadienne ouvre une phase critique, avec un risque tangible d’embrasement régional. Si de nouvelles incursions se produisaient, N’Djaména pourrait être contraint de passer à l’acte, transformant le Tchad d’un pays hôte en partie prenante directe du conflit. Cette dynamique pourrait également exacerber les tensions communautaires transfrontalières et compliquer davantage les efforts diplomatiques et humanitaires déjà précaires pour mettre fin à la guerre au Soudan.
Face à cette provocation, le gouvernement tchadien a réitéré avec force que cette guerre restait “exclusivement soudano-soudanaise” et qu’il refusait catégoriquement qu’elle soit “exportée sur son sol”. Il a lancé un appel à la responsabilité des belligérants, les exhortant à un cessez-le-feu crédible et à un règlement pacifique. Parallèlement, N’Djaména a sommé les autorités soudanaises de cesser toute propagande visant à attiser les conflits, pointant du doigt des campagnes de désinformation.
En interne, les autorités appellent la population à “la retenue, à la vigilance et au discernement”. Une mise en garde sévère a été émise contre toute tentative de manipulation de l’opinion, de diffusion de fausses informations ou d’incitation à la haine communautaire, particulièrement via les réseaux sociaux. Le ministre de la Communication assure que la situation est “totalement sous contrôle” et que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un climat où la fronƟère poreuse reste une source permanente de vulnérabilité.



