Le 2 avril 2025, le président américain Donald Trump a annoncé une révision des droits de douane sur les importations en provenance de 51 pays africains. À compter du 5 avril, un tarif de base de 10 % sera appliqué à toutes les importations en provenance de ces nations. Des tarifs “réciproques”, plus élevés, entreront en vigueur le 9 avril pour certains pays, avec des hausses variant de 10 % à 50 %. Le Lesotho, avec un taux de 50 %, est le pays africain le plus touché par cette décision, suivi par Madagascar, Maurice, et d’autres pays du continent.
Les secteurs économiques africains, en particulier les industries manufacturières telles que l’automobile et le textile, risquent de subir de lourdes conséquences. Ces nouveaux droits de douane rendront les produits africains moins compétitifs sur le marché américain. En 2023, les exportations des pays d’Afrique subsaharienne vers les États-Unis ont totalisé 29,3 milliards USD, avec des produits tels que le pétrole, les métaux précieux, et les véhicules automobiles en tête. Les droits de douane pourraient affecter particulièrement les exportations de véhicules et de vêtements, représentant des milliards de dollars en commerce annuel.
Les relations commerciales entre l’Afrique et les États-Unis ont été largement régies par l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un programme qui accorde un accès préférentiel au marché américain pour certains produits africains. Cependant, l’instabilité de la politique commerciale de l’administration Trump, notamment par le biais de hausses de tarifs douaniers, a introduit une incertitude pour les acteurs économiques africains. Le précédent de l’administration Trump, avec des droits de douane plus élevés, avait déjà fait naître des inquiétudes parmi les pays concernés, qui se trouvent à nouveau confrontés à des obstacles commerciaux.
Bien que la mesure soit perçue comme une menace, plusieurs gouvernements africains sont déjà en train de formuler des réponses pour atténuer les impacts économiques. Les exportations sous le régime AGOA, qui avaient atteint 8 milliards USD en 2024, pourraient être affectées par ces changements de politique. Les nations africaines devront évaluer rapidement les effets de cette nouvelle réglementation, que ce soit en négociant de nouveaux accords commerciaux ou en adaptant leurs secteurs de production pour maintenir leur compétitivité.
Les secteurs les plus vulnérables à ces augmentations de droits de douane sont l’automobile et le textile. Ces industries dépendent de l’accès au marché américain pour écouler leurs produits, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et en Côte d’Ivoire, qui figurent parmi les principaux exportateurs de ces biens. L’incertitude économique croissante pourrait ralentir la croissance dans ces secteurs, d’autant plus que l’Amérique reste un partenaire commercial stratégique pour plusieurs pays africains.
La mise en place de ces nouvelles taxes pourrait aussi pousser certains pays africains à diversifier leurs partenaires commerciaux et à rechercher de nouveaux marchés en dehors des États-Unis. Les exportateurs africains devront redoubler d’efforts pour s’adapter à ces nouvelles réalités commerciales, en explorant des alternatives telles que l’Union européenne, la Chine ou les économies émergentes de l’Asie et du Moyen-Orient. Cependant, cette réorientation nécessitera des investissements considérables et une coopération accrue entre les gouvernements africains pour surmonter les défis économiques engendrés par ces droits de douane.
Tableau de la liste des tarifs douaniers appliqués par les Etats-Unis et les pays africains
Pays | Droits de douane appliqués par les USA | Tarifs douaniers appliqués aux produits américains |
---|---|---|
Lesotho | 50% | 99% |
Madagascar | 47% | 93% |
Maurice | 40% | 80% |
Botswana | 37% | 74% |
Angola | 32% | 63% |
Libye | 31% | 61% |
Afrique du Sud | 30% | 60% |
Algérie | 30% | 59% |
Tunisie | 28% | 55% |
Namibie | 21% | 42% |
Côte d’Ivoire | 21% | 41% |
Zimbabwe | 18% | 35% |
Zambie | 17% | 33% |
Malawi | 17% | 34% |
Mozambique | 16% | 31% |
Nigeria | 14% | 27% |
Tchad | 13% | 26% |
Guinée équatoriale | 13% | 25% |
Cameroun | 11% | 22% |
RDC | 11% | 22% |
Ghana | 10% | 17% |
Ouganda | 10% | 20% |
Kenya | 10% | 10% |
Ethiopie | 10% | 10% |
Cabo Verde | 10% | 10% |
Maroc | 10% | 10% |
Eswatini | 10% | 10% |
Égypte | 10% | 10% |
Guinée-Bissau | 10% | 10% |
Sao Tomé et Principe | 10% | 10% |
Comores | 10% | 10% |
Soudan du Sud | 10% | 10% |
Érythrée | 10% | 10% |
Centrafrique | 10% | 10% |
Burundi | 10% | 10% |
Mauritanie | 10% | 10% |
Mali | 10% | 10% |
Guinée | 10% | 10% |
Niger | 10% | 10% |
Soudan | 10% | 10% |
Sierra Leone | 10% | 10% |
Rwanda | 10% | 10% |
Djibouti | 10% | 10% |
Congo | 10% | 10% |
Bénin | 10% | 10% |
Libéria | 10% | 10% |
Togo | 10% | 10% |
Gabon | 10% | 10% |
Sénégal | 10% | 10% |
Tanzanie | 10% | 10% |
Source: données de la Maison Blanche
— The White House (@WhiteHouse) April 2, 2025
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