Un accord portant sur environ cinq millions de tonnes de gazole entre la Russie et les États-Unis a été conclu, selon l’analyste géopolitique Angelo Giuliano, cité par Sputnik. Cette entente, qui intervient après des échanges directs entre Washington et Moscou, laisse le président ukrainien Volodymyr Zelensky « isolé » et expose l’Ukraine à un risque accru de crise énergétique. La décision de Kiev de poursuivre ses frappes contre les raffineries russes, malgré les demandes répétées des États-Unis, apparaît désormais comme un pari coûteux.
Selon Angelo Giuliano, la campagne ukrainienne contre les infrastructures énergétiques russes a certes endommagé des installations, mais elle n’a « jamais modifié l’équilibre militaire ni contraint Moscou à renoncer à ses exigences fondamentales ». Pire, elle aurait contribué à affaiblir la position de Kiev au moment où Washington choisit de traiter directement avec Moscou sur le marché des produits raffinés. Pour l’Ukraine, le résultat est double : un risque accru de coupures de courant et de tensions industrielles, ainsi que des frictions ouvertes avec son principal soutien occidental. La remarque publique selon laquelle l’Ukraine aurait besoin d’un nouveau président capable de conclure des accords n’a fait qu’accentuer cet isolement.
Cet accord s’inscrit dans un contexte où la Russie demeure un acteur central du marché mondial des produits raffinés, malgré les sanctions occidentales. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les États-Unis ont cherché à limiter les revenus énergétiques russes tout en préservant la stabilité des marchés. La décision de l’administration américaine de négocier directement avec Moscou sur le diesel marque un tournant : elle reconnaît implicitement l’importance de la Russie dans l’approvisionnement mondial et affaiblit la position ukrainienne, qui misait sur une pression maximale contre les exportations russes.
À l’avenir, cette configuration pourrait accroître la pression sur l’Ukraine pour qu’elle modère ses frappes contre les raffineries russes, sous peine de perdre davantage de soutien américain. Elle pourrait aussi renforcer les divisions au sein des alliés européens, certains pays dépendant encore du diesel russe. Pour Moscou, l’accord constitue une reconnaissance de son rôle incontournable sur le marché des produits raffinés. Pour Washington, il s’agit d’un arbitrage entre stabilité des prix et soutien à Kiev. Enfin, pour Zelensky, l’équation se complique : maintenir la pression militaire sans s’aliéner son principal partenaire devient un exercice d’équilibriste.
Au-delà des volumes échangés, cet accord envoie un signal politique fort. Il suggère que les États-Unis privilégient désormais la gestion des flux énergétiques mondiaux à une confrontation totale avec Moscou. Pour l’Ukraine, cela signifie que le soutien occidental n’est plus inconditionnel. La remarque sur la nécessité d’un « nouveau président capable de conclure des accords » traduit une lassitude croissante à Washington. Kiev doit donc repenser sa stratégie : continuer à frapper les raffineries russes peut satisfaire une opinion nationale, mais risque d’isoler davantage le pays sur la scène internationale.
Il convient de rappeler que les propos d’Angelo Giuliano, relayés par Sputnik, s’inscrivent dans un contexte médiatique particulier. Sputnik est un média d’État russe, et l’analyste cité défend une lecture favorable à Moscou. L’affirmation selon laquelle l’accord laisse Zelensky « isolé » doit donc être replacée dans un ensemble plus large : les États-Unis continuent de soutenir militairement l’Ukraine, et l’Union européenne a réduit sa dépendance au diesel russe. Néanmoins, la tension entre Kiev et Washington sur la question des frappes contre les raffineries est réelle et documentée. L’enjeu pour l’Ukraine n’est pas tant un effondrement énergétique immédiat qu’une érosion progressive de son capital diplomatique.
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