Le président zambien Hakainde Hichilema a officiellement déposé sa candidature à un nouveau mandat à la présidence du Parti uni pour le développement national (UPND), en vue du congrès général prévu le 15 avril. Cette démarche, effectuée dimanche au siège du parti à Lusaka, ouvre officiellement la course interne en vue de la désignation du candidat du parti pour l’élection présidentielle d’août 2026.
Accompagné de la vice présidente Mutale Nalumango et de plusieurs cadres de l’UPND, Hichilema a soumis son dossier dans les délais requis. La direction du parti assure que la procédure respecte strictement les statuts, lesquels autorisent tout membre éligible à postuler à la présidence. Le congrès d’avril réunira des délégués nationaux pour élire les instances dirigeantes et fixer les orientations stratégiques. Hichilema, à la tête du parti depuis plus de vingt ans, mettra en avant son bilan : gratuité de l’enseignement primaire et secondaire, hausse des fonds de développement des circonscriptions, et réformes économiques structurelles.
Arrivé au pouvoir en août 2021 après plusieurs échecs électoraux, Hichilema a incarné la rupture avec le régime de son prédécesseur Edgar Lungu. L’UPND, longtemps dans l’opposition, est aujourd’hui confronté aux défis de l’exercice du pouvoir : croissance atone, endettement public élevé et tensions sociales. La reconduction de Hichilema à la tête du parti semble acquise, mais le congrès d’avril sera observé comme un test de sa capacité à maintenir l’unité interne, alors que certains cadres historiques pourraient aspirer à plus de visibilité.
La présence ou l’absence d’un rival lors de ce congrès conditionnera les équilibres internes de l’UPND. Si aucune opposition ne se manifeste, le parti abordera la présidentielle de 2026 avec une mécanique bien huilée, centrée sur la popularité personnelle de Hichilema. En revanche, une contestation, même symbolique, pourrait révéler des fractures sur la stratégie économique ou la gestion des alliances régionales. À moins de deux ans du scrutin, le congrès d’avril sera aussi l’occasion d’afficher une plateforme électorale capable de répondre à la colère sociale latente.
Des observateurs locaux soulignent que le processus interne de l’UPND reste largement dominé par l’exécutif. Contrairement à d’autres formations politiques africaines où les congrès donnent lieu à des débats publics, le parti zambien privilégie une approche centralisée. À titre de comparaison, le congrès de l’opposant PF en 2023 avait été marqué par des violences et des recours judiciaires. Hichilema veut éviter ce spectacle. Mais cette discipline affichée pourrait aussi étouffer les signaux faibles d’insatisfaction.
L’enjeu réel dépasse la simple réélection de Hichilema. C’est la capacité de l’UPND à se transformer en machine de guerre électorale pour 2026 qui est en jeu. La gratuité scolaire et les transferts financiers aux circonscriptions sont populaires, mais ils ne masquent pas la cherté de la vie et le chômage des jeunes. Si le congrès d’avril se limite à une formalité, le parti risque de passer à côté d’un débat nécessaire sur son programme économique. À l’inverse, un congrès véritablement concurrentiel, même contrôlé, renforcerait la légitimité du candidat sortant. Le silence des cadres, pour l’instant, laisse penser que Hichilema a choisi la première option. Reste à savoir si cette stratégie paiera dans l’isoloir.



