La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a donné le coup d’envoi de sa campagne le jeudi 28 août, en vue de l’élection présidentielle prévue le 29 octobre. Elle vise un premier mandat obtenu dans les urnes, dans un contexte où les principaux opposants sont hors course.
Malgré 17 candidatures en lice, le scrutin s’annonce sans adversaire de taille. La commission électorale a invalidé Luhaga Mpina, figure de l’Alliance pour le changement et la transparence. En avril, le principal parti d’opposition, le Chadema, avait déjà été écarté pour ne pas avoir signé un nouveau code de conduite. Son leader, Tundu Lissu, est poursuivi pour incitation à bloquer les élections et accusé de trahison, un chef passible de la peine capitale.
Samia Suluhu Hassan a accédé à la présidence après la mort de John Magufuli, dont elle était la vice-présidente. Quatre ans après cette transition, la scène politique reste marquée par un rétrécissement de l’espace civique. Les mécanismes de contrôle du jeu électoral se sont renforcés, des formations d’opposition ont été fragilisées et la compétition interne apparaît limitée.
La campagne doit permettre de mesurer l’ampleur de l’adhésion à la présidente sortante et le niveau de mobilisation des oppositions marginalisées. L’enjeu porte autant sur la participation que sur la crédibilité du processus. La capacité des institutions à garantir un cadre équitable sera observée, tout comme la possibilité de recours pour les acteurs exclus.
Depuis des mois, l’opposition et des ONG de défense des droits humains dénoncent une répression persistante. Elles évoquent des réunions interdites, des arrestations arbitraires, des restrictions d’accès aux médias et des enlèvements de militants. Ces accusations visent le pouvoir de Samia Suluhu Hassan et renvoient, selon elles, à des pratiques déjà vues sous son prédécesseur.
La suite dépendra de trois facteurs. D’abord, l’ouverture effective de l’espace politique pendant la campagne. Ensuite, la transparence des procédures administratives, du dépôt des candidatures au jour du vote. Enfin, la capacité des institutions et de la justice à traiter les contentieux électoraux dans des délais clairs. De ces éléments dépendra la légitimité du scrutin et la stabilité politique à court terme.