Le Togo confirme, pour la deuxième année consécutive, sa position de premier pays d’Afrique de l’Ouest en matière de climat des affaires. Selon le rapport Business Ready (B-Ready) 2025 de la Banque mondiale, le pays se classe également au quatrième rang africain des nations ayant le plus amélioré leur environnement économique, avec un score global de 61,52 points sur 100.
Cette performance est portée par des résultats exceptionnels sur plusieurs indicateurs clés. Le pays obtient un score impressionnant de 85,77 points pour la facilité d’entrée des entreprises sur le marché, démontrant une procédure de création d’entreprise fluide et accessible. Son cadre réglementaire est noté 66,26 points, signe d’une gouvernance économique en progrès. L’efficacité opérationnelle, avec 57,38 points, reste le point nécessitant le plus d’efforts, notamment pour réduire les délais et les coûts liés à la conformité administrative.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’une politique de réformes structurelles menée par Lomé depuis plusieurs années. Le gouvernement a fait de l’amélioration du climat des affaires un axe central de sa stratégie de développement, visant à attirer les investissements privés et à diversifier une économie historiquement dépendante du port en eau profonde de Lomé et des réexportations. Le classement B-Ready, qui remplace désormais l’ancien indice Doing Business, évalue 101 pays sur la base de dix domaines regroupés en trois piliers : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle.
Cette reconnaissance internationale place la barre haute pour les autorités togolaises. Elle génère des attentes fortes de la part des investisseurs nationaux et internationaux, qui s’attendent à une concrétisation tangible de ces réformes sur le terrain. Le principal défi sera de traduire ces bons scores en une croissance économique inclusive et en une création d’emplois massifs, dans un contexte régional marqué par l’insécurité au Sahel et des pressions inflationnistes. Le risque est de voir une divergence entre les indicateurs formels et la perception réelle des petites et moyennes entreprises locales.
Les observateurs notent que cette performance doit être relativisée. Si le Togo devance ses voisins immédiats du Bénin, du Ghana et de la Côte d’Ivoire dans ce classement régional, l’écart avec les champions africains, comme l’Île Maurice ou le Rwanda, reste significatif en termes de score absolu. Le rapport souligne par ailleurs que des progrès sont encore nécessaires dans des domaines comme l’accès à l’électricité, la résolution des litiges commerciaux ou l’exécution des contrats, des points cruciaux pour la compétitivité réelle des entreprises.
Au-delà du classement, la vraie question est l’impact de ces réformes sur l’économie réelle. Certains analystes économiques togolais rappellent que l’amélioration des procédures administratives, bien que nécessaire, n’est qu’une condition parmi d’autres. La persistance de défis majeurs, tels que l’accès limité au crédit pour les TPE-PME, des infrastructures de transport intérieur déficientes en dehors du corridor côtier, et un secteur informel prédominant, pourrait freiner les bénéfices escomptés de ce leadership régional en matière de climat des affaires. La prochaine édition du rapport scrutera si la dynamique réformatrice peut être maintenue et approfondie.



