Des explosions et des échanges de tirs ont retenti dans la nuit de mardi à mercredi aux abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, créant un vif émoi dans la capitale nigérienne. Selon des témoignages rapportés par des médias dont Sputnik Afrique, ces incidents ont duré près d’une heure avant que le calme ne soit rétabli.
La nature et l’origine précises de ces violences nocturnes restent non élucidées. Les autorités nigériennes n’ont, dans l’immédiat, fourni aucune information officielle sur l’identité des assaillants ou les causes des affrontements. Un responsable du ministère des Affaires étrangères s’est toutefois voulu rassurant en affirmant à des médias que “la situation est sous contrôle” et qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer.
Cette zone aéroportuaire est un site hautement stratégique et sensible. D’une part, elle abriterait une importante cargaison d’uranium, matière première vitale pour l’économie nigérienne, actuellement bloquée sur place dans un contexte d’embargo régional. D’autre part, c’est là que se trouve le quartier général de l’Alliance des États du Sahel (AES), la force unifiée antidjihadiste créée par les régimes militaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Cette localisation en fait un point névralgique à la fois économique et militaire.
Les perspectives immédiates dépendent des conclusions de l’enquête que les forces de sécurité devront mener. Si les autorités présentent l’incident comme clos, sa survenue dans un lieu aussi sensible soulève de multiples interrogations. Les hypothèses vont d’un simple incident interne entre factions militaires à une tentative de déstabilisation ciblant des infrastructures critiques, en passant par une opération liée au trafic de la précieuse cargaison d’uranium. La communication officielle sera cruciale pour éviter la propagation de rumeurs.
Cet événement survient dans un contexte régional extrêmement volatil, marqué par la rupture des accords de sécurité avec la France et les partenaires occidentaux, et une recrudescence des activités des groupes djihadistes. L’AES, dont le QG est concerné, est au cœur de la nouvelle architecture sécuritaire voulue par les juntes au pouvoir. Tout incident à proximité directe de son poste de commandement est donc scruté comme un test de sa solidité et de la stabilité du régime nigérien.
La présence d’uranium bloque à l’aéroport ajoute une couche de complexité géopolitique et économique. Le Niger, sous sanctions de la CEDEAO, cherche à écouler ce stock, potentiellement vers de nouveaux partenaires comme l’Iran, selon certaines sources. Cet incident pourrait révéler des tensions autour du contrôle de cette ressource ou des risques logistiques liés à son immobilisation forcée. La sécurisation de ce site demeure un enjeu majeur pour les autorités de transition.



