La première moitié de saison NBA a livré son verdict contrasté pour la diaspora africaine. Tandis que Joel Embiid signe un retour tonitruant aux affaires avec les Philadelphia Sixers, Pascal Siakam vit un calvaire sportif à Indianapolis, malgré des statistiques personnelles toujours solides. Entre renaissance et naufrage collectif, les représentants du continent offrent un miroir saisissant des déséquilibres de la grande ligue.
Pascal Siakam n’a rien perdu de sa superbe individuelle. Avec 23,7 points et 6,7 rebonds de moyenne, le champion NBA 2019 reste le phare des Indiana Pacers. Mais son équipe, privée de Tyrese Haliburton pour toute la saison, sombre en avant-dernière position de la conférence Est avec seulement quinze victoires en soixante-cinq matchs. Rick Carlisle, le coach des Pacers, loue le professionnalisme de son leader. Mais les mots du technicien sonnent comme un aveu d’impuissance face à une saison déjà pliée.
À Philadelphie, le sourire est revenu. Joel Embiid enchaîne trente et une rencontres sans que ses genoux ne le trahissent, flirtant de nouveau avec les standards qui lui avaient valu le titre de MVP en 2023. Avec 26,6 points par match, le pivot camerounais porte les Sixers vers le haut du tableau. Paul George, son coéquipier, salue le retour du “dominant” qu’ils espéraient tous. Sixièmes de l’Est, les Sixers respirent et peuvent légitimement viser le top 4 et un avantage du terrain au premier tour des playoffs.
L’ailier congolais Jonathan Kuminga, lui, a choisi de fuir pour survivre. Frustré par un temps de jeu famélique et une perte de confiance chronique chez les Warriors, le champion 2022 a trouvé refuge à Atlanta. Steve Kerr, son ancien coach, reconnaît un échec d’intégration : à San Francisco, Kuminga n’a jamais eu le droit à l’erreur dans une équipe taillée pour gagner immédiatement. À 23 ans, le jeune ailier espère enfin lancer sa carrière là où d’autres viennent l’enterrer.
Du côté des espoirs, la tendance est à la patience. Khaman Maluach, 19 ans, découvre la NBA par petites touches : vingt-trois apparitions, mais à peine cinq minutes de moyenne. Le Soudanais du Sud fait ses gammes en G-League, l’antichambre de la ligue, où l’on vante son énergie inépuisable. Mouhamadou Gueye, lui, incarne la résilience. Le Sénégalais, après une saison blanche pour blessure, grappille des minutes à Atlanta et a même été titularisé à cinq reprises. Son coach, Quin Snyder, salue un travailleur acharné, preuve que la persévérance paie là où le talent brut doit encore attendre.



