Le Burkina Faso et le Ghana ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale en signant plusieurs accords le 20 février à Ouagadougou, avec un accent particulier sur le renforcement de la sécurité commune. La délégation ghanéenne, conduite par le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, a été reçue par le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo pour officialiser cette feuille de route qui place la lutte contre le terrorisme au cœur des priorités.
Les mécanismes conjoints adoptés prévoient un partage accru de renseignements entre les deux pays, des programmes de formation mutualisés et une meilleure coordination des opérations face aux groupes armés qui opèrent dans les zones frontalières. À ces dispositions sécuritaires s’ajoutent des mesures concrètes comme la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux, destinée à faciliter la circulation des transporteurs, des biens et des personnes pour dynamiser les échanges commerciaux transfrontaliers.
Cette intensification de la coopération s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Le Burkina Faso, confronté depuis 2015 à des attaques terroristes récurrentes qui ont fait des milliers de victimes et déplacé près de deux millions de personnes, cherche à élargir ses alliances au-delà du cadre sahélien. Le Ghana, qui fait face à une déstabilisation progressive de ses régions septentrionales contaminées par les violences sahéliennes, n’a d’autre choix que de renforcer ses dispositifs défensifs aux frontières.
Les perspectives ouvertes par ces accords dépassent le seul cadre sécuritaire. La création d’un accord-cadre de coopération transfrontalière et l’établissement de mécanismes conjoints pour la gestion des catastrophes témoignent d’une volonté d’aborder la question sécuritaire dans sa globalité. La lutte contre le trafic de drogue, fléau qui alimente les économies criminelles et finance les groupes armés, figure également parmi les priorités identifiées par les deux parties.
Selon le communiqué publié par la primature du Faso, les deux pays “entendent traduire leurs engagements en actions concrètes au profit des citoyens des deux nations unies par l’histoire, la géographie et une volonté partagée de bâtir un avenir de paix, de sécurité et de prospérité commune”. Reste désormais à évaluer la capacité des appareils sécuritaires burkinabè et ghanéen à transcender les différences doctrinales et opérationnelles qui ont historiquement limité l’efficacité des coopérations bilatérales dans la région.



