Le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, Cheikh Niang, a été reçu jeudi à Nouakchott par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Il a remis un message officiel du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, scellant ainsi une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat bilatéral entre Dakar et Nouakchott.
Ce message présidentiel porte sur des perspectives de coopération concrètes et des initiatives communes dans des secteurs stratégiques. Les échanges ont réaffirmé le caractère privilégié d’un partenariat déjà fondé sur des liens historiques, culturels et économiques solides. Les deux parties ont exprimé leur volonté commune d’intensifier leur concertation sur les enjeux régionaux et de développer des projets dans le commerce, l’énergie, l’intégration transfrontalière et la sécurité.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de consolidation diplomatique engagée depuis plusieurs années, mais qui prend une nouvelle ampleur avec l’arrivée à Dakar d’un président fraîchement élu soucieux de redéfinir les équilibres régionaux. La Mauritanie et le Sénégal partagent une frontière poreuse, des ressources halieutiques disputées et un gisement gazier offshore commun, le Grand Tortue Ahmeyim, dont l’exploitation conditionne en partie leur souveraineté énergétique. Historiquement, les relations ont oscillé entre coopération économique et tensions sécuritaires, notamment autour de la circulation des biens et des personnes.
À court terme, cette relance diplomatique devrait se traduire par des comités mixtes de suivi et des accords opérationnels dans les domaines prioritaires identifiés. L’enjeu majeur reste la sécurisation des frontières face aux menaces djihadistes au Sahel, où les deux pays jouent un rôle clé. Sur le plan économique, la mise en synergie des politiques douanières et des infrastructures transfrontalières pourrait fluidifier les échanges et réduire les goulets d’étranglement logistiques. Toutefois, la persistance de contentieux fonciers et de rivalités locales risque de freiner l’ambition affichée.
Des sources proches des négociations soulignent que le message de Diomaye Faye insiste discrètement sur une gouvernance partagée des ressources naturelles, un sujet sensible à Nouakchott. La Mauritanie craint parfois un déséquilibre démographique et économique face à son puissant voisin sénégalais. Pourtant, les deux capitales savent qu’aucune stabilité régionale n’est possible sans une coordination étroite. La visite de Cheikh Niang, ancien diplomate rompu aux dossiers ouest africains, a ainsi valeur de test pour la nouvelle politique étrangère sénégalaise, plus discrète mais plus pragmatique que celle de l’ère Macky Sall. Reste à savoir si les déclarations de volonté se traduiront par des actes avant la prochaine grande échéance sécuritaire au Sahel.



